Pourquoi cette création Depuis sa création, la compagnie NAJE (Nous n'Abandonnerons Jamais l'Espoir) intervient dans de nombreux sites, au niveau local, auprès d'habitants qui vivent dans des quartiers populaires et de professionnels qui y travaillent. Mais l'action de notre compagnie ne serait pas complète si nous ne tentions pas de porter au niveau national les thématiques travaillées au niveau local. Et si nous ne tentions pas de les aborder ainsi d'une manière plus globale afin de les porter au débat démocratique. Ces dernières années, nous avons ainsi traité du travail à travers la mondialisation, de la démocratie locale, de notre rapport à la presse et aux médias, de la question de l'amour à travers les problématiques des jeunes dans les quartiers, des violences faites aux femmes, de l'impact du groupe social sur le couple et la famille. Cette année 2004-2005, nous nous attelons aux questions de santé et de santé publique. Deux grandes raisons nous ont poussés à ce choix.
Un nombre important des habitants qui participent à nos actions vivent des difficultés de santé qui ont un lourd impact sur leur intégration sociale (handicaps, maladies de longue durée, alcoolisme et toxicomanie, dépression, suicide, maladie mentale…). Ils nous ont livré leurs histoires, leurs difficultés et ce qu'elles entraînent dans leur vie… Il nous semble maintenant nécessaire de faire le chemin avec eux pour relier toutes ces histoires individuelles et les poser en termes de questions de santé publique. Ainsi, les habitants sont inscrits dès le départ du projet comme des citoyens capables de porter au débat public cette question qui concerne notre démocratie.
La question de la santé est dans l'actualité des débats de société à travers la réforme de la Sécurité sociale, les débats sur la génétique, les recherches concernant l'impact de l'environnement sur la santé (notamment l'appel de Paris initié par des cancérologues), les questions que posent et poseront les suites des expositions à l'amiante, le sida et sa prévention, l'IVG et ses difficultés de mise en œuvre, etc.
Nous avons donc réuni une quarantaine d'habitants (en deux groupes), de 18 à 75 ans, de plusieurs villes, de plusieurs origines, essentiellement du milieu populaire. Et avec eux, nous nous sommes mis au travail pour nous former, avec l'aide de spécialistes de haute qualité, pour produire ensemble un spectacle de théâtre-forum qui sera joué le 14 mai au Théâtre de Chelles (77).
Le déroulement de l'opération
Organisation et contenu L'opération a commencé au niveau local en septembre 2004 et elle a pris sa dimension nationale dès le mois de novembre 2004.
L'atelier local à Chelles (des vendredis)
Le groupe se nomme "CADA-CAF". Il est composé de 10 demandeurs d'asile résidents au Centre d'Accueil des demandeurs d'asile de Chelles et de 3 habitantes de la cité HLM de Chelles, usagères du centre médico-social de la CAF. Nous leur avons adjoins 3 personnes qui ont mené avec nous les opérations des années passées et font partie du groupe dit "national ". Ce groupe a déjà produit un spectacle de théâtre-forum avec nous sur les questions de rapports hommes-femmes en mai et juin 2004. Il est donc déjà constitué.
Ce groupes travaille pour une part de manière séparée sous la direction de deux comédiens metteur en scène de NAJE. 20 demi journées de travail (des vendredis après-midi) sont programmées entre septembre 2004 et février 2005 qui aboutiront à la présentation d'un spectacle local.
Le spectacles ainsi produit aura pour thème la santé. Le groupe étant libre de traiter le sujet en fonction de ses propres préoccupations. Nous nous attendons notamment à ce qu'ils traitent de la question du droit aux soins pour les sans-papiers, du rapport de l'émigration et de la maladie… etc. Tous les sujets traités par le groupe seront repris comme matériaux et sous-thématiques pour la création du spectacle national.
Du point de vue théâtral, nous engagerons ce groupe à produire des formes courtes. En effet, celles-ci ont plusieurs avantages : elles facilitent le forum avec le public, leur forme permet d'obtenir une théâtralité intéressante avec des participants qui ont peu ou pas pratiqué le théâtre et ont donc des capacités de jeu réduites. Par ailleurs, ces formes courtes pourront relativement facilement être intégrées telles qu'elles dans le spectacle national, ce qui permettra au groupe qui les a produites d'en rester les maîtres et les artisans jusqu'au bout de l'opération. La production de ces deux groupes devra constituer la moitié du contenu du spectacle national final.
L'atelier du groupe national (des dimanches)
Ce groupe est constitué de 5 participantes et participants de Strasbourg, , 2 participantes de Marseille, 3 participants de Lyon et Vaulx-en-Velin, 2 participantes d'Angers, 1 participante de l'Oise, 27 participants de l'Ile-de-France.
Nous commencerons par prendre de longs moments pour permettre aux participants du groupe national de livrer leurs récits personnels de manière à les intégrer dans le spectacle final en formes courtes. Il vivront donc eux aussi, mais de manière décalée dans la période de l'opération, le même processus que les deux groupes de Chelles. Ainsi, les histoires personnelles des trois groupes seront présentes dans le spectacle final et en constitueront une grande part de la trame. Mais ce groupe national se verra confier une fonction supplémentaire. En effet, une bonne part des participants ont déjà créé avec nous un spectacle national et ont acquis une vraie capacité en termes de jeu d'acteur. Nous pouvons donc nous atteler avec eux à l'élaboration de formes théâtrales plus complexes. Ce groupe sera donc chargé de lier entre elles et d'éclairer toutes les formes courtes produites par lui-même et les deux groupes locaux.
Le groupe national ne commencera son atelier spécifique qu'en janvier mais aura participé à trois week-ends de formation avec le groupe local de Chelles en novembre et décembre 2004 et en janvier 2005.
La création du spectacle national avec les deux groupes réunis (des samedis)
Nous avons commencé en 2004 par deux week-end de formation les 16 et 17 octobre 2004 et les 11 et 12 décembre 2004. Ils se prolongeront par quelques interventions de spécialistes divers au cours des samedis pendant lesquels le grand groupe des 54 sera réuni à partir de janvier.
Depuis plusieurs années, nous avons intégré à nos opérations des temps de formation. Ils nous sont devenus indispensables. La formation apporte au groupe des thématiques nouvelles et des regards de spécialistes permettant d'élargir le champ de notre recherche commune. Elle participe également à la constitution d'un groupe qui apprend à écouter les uns et les autres, à entendre les différents points de vue, et se nourrit de sa propre diversité au lieu de la considérer comme un handicap. Elle place dès le début les participants du groupe dans une activité de réflexion à laquelle s'ajoute le travail du corps, de la voix et des émotions. Elle est enfin un réel lieu de valorisation des participants car ils sont mis au contact non seulement de spécialistes éminents, mais aussi parce que ces spécialistes nouent avec eux une relation faite de reconnaissance et de générosité réciproque.
Les intervenants de 2004
Médeçins du Monde : Claude Moncorgé et Nathalie Simonot : Ils sont intervenus sur la question des rapports nord-sud, sur la question santé et pauvreté en France et sur la réforme de la sécurité Sociale et ses conséquences. Geneviève Barbier : Médeçin : elle est intervenue sur la relation entre environnement et cancer. Sylvie Gilman, journaliste en cours de réalisation d'un 52 mn sur les cancers environnementaux. Syndicat des Médeçins Généralistes : sur le rapport soignant-soigné et le fonctionnement du système de soins. Isabelle Laurent : chirurgienne des Hôpitaux de Paris : sur la transformation progressive du système hospitalier.
Les intervenants du dernier week-end de formation de janvier 2005
Annie Thébaut-Mony : chercheuse sur la question de santé et travail Anne De Beaumont : Sous Directrice d'un Hôpital, accompagnée de deux personnes victimes de l'amiante Les questions posées à nos intervenants touchent à la science mais aussi au politique. C'est bien en croisant les problématiques individuelles des participants avec l'approche des grandes questions de santé publique qui se posent à nos sociétés que nous tâcherons d'avancer, comme nous le faisons toujours dans le cadre de nos opérations nationales. Nous pensons en effet que tous les citoyens, à condition d'être renseignés sous une forme claire, ont vocation a s'occuper de ce qui les intéresse, en l'occurrence leur santé et celle de leur descendance.
Entre janvier et mars, les deux groupes (le groupe local et le groupe national) seront réunis un samedi sur deux puis en week ends complets à partir de mars. Il s'agira alors de définir ensemble le fond et la forme du spectacle de théâtre-forum que nous jouerons et mettrons en débat le 14 mai avec 750 spectateurs, dont la majorité seront issus du monde populaire. C'est un travail intense pour tous les participants et pour les comédiens de la compagnie que d'arriver à élaborer un contenu riche et diversifié dans lequel tous se retrouvent pourtant.
Ensuite l'écriture du texte du spectacle pourra commencer
Les deux responsables artistiques de NAJE seront chargés de mener à bien cette tâche ; les textes retravaillés par les deux directeurs artistiques puis proposés aux réactions et corrections du groupe. Il s'agit en effet que le groupe participe pleinement à l'écriture, tant dans le contenu que dans la forme, exprime son accord avec ce qui est écrit ou en demande modification… de manière à ce que le groupe puisse être en pleine responsabilité de ce qu'il produit. Compte tenu de notre calendrier, le texte définitif du spectacle devra être terminé fin mars. En parallèle, chaque journée de travail commencera par une initiation au travail de la voix et au rythme du corps pour tous les participants. Ce travail leur permettra de re-constituer le groupe à chacune de ses rencontres, il permettra aussi à chacun d'avancer dans ce domaine et de se préparer à parler et jouer devant une vaste assemblée en portant son discours.
Ensuite le temps de la mise en scène, de la distribution des rôles et des répétitions.
Un groupe de plus de 40 participants n'est pas une affaire simple à mener. Il faut que chacun trouve sa place, soit satisfait de la partie du spectacle qu'il s'est vu confier et se mette en capacité de la porter ; il faut que le groupe se constitue dans le travail en commun exigent… Ils seront dirigés par 8 comédiens metteur en scène et une musicienne. Ainsi, nous pourrons alterner des temps de présence de tous sur le plateau et des temps de travail spécifiques en petits groupes et en individuel qui sont eux aussi nécessaires car, en offrant des temps de travail adapté à chacun, dans le calme et la profondeur, ils permettent de développer la capacité de jeu et la confiance en soi individuelle et collective.
Nota : la création de la lumière du spectacle sera assurée Myriam Mairey avec qui notre compagnie collabore depuis sa création ; la partie sonore et musicale sera prise en charge par Catherine Lamagat qui collabore depuis deux ans avec notre compagnie.
Enfin, le spectacle national Il sera joué le 14 mai 2005 au soir au Théâtre de Chelles, en compagnie de 750 spectateurs dont plus de la moitié sont issus du monde populaire. Pour composer notre salle, nous ferons appel à des partenaires sociaux et culturels qui se mobiliseront puis accompagneront des groupes de spectateurs (voir détail des partenaires plus bas). Cetta année, contrairement aux autres années, nous demanderons une participation de 2 euros aux spectateurs (sauf, bien sûr, à ceux pour qui même 2 euros sont difficiles à débourser). Cela nous permettra de mieux gérer les inscriptions et désistements.