Cie théâtrale N.A.J.E.
16 rue des Coquelicots
92160 ANTONY
Tél. : 06 82 03 60 83
Contact : Fabienne BRUGEL
fabienne.brugel@orange.fr


"La Culture, c'est ce qui fait lien entre les hommes;
Le Politique, c'est le contrat qui les lie."
rapport d'activité 2007 et comptes rendus détaillés d'ateliers de création : 6930 spectateurs 317 participants d'ateliers 797 professionnels participants d'une formation


les comptes rendus détaillés des ateliers avec amateurs

sommaire

CR n°1 : Conseil général du Doubs : adultes en insertion

CR n°2 : Sauvegarde de l'Enfance Bobigny : adolescents et pré-adolescents

CR n°3 : Villiers le Bel : pré-adolescents

CR n°4 : Villiers le bel réussite éducative : enfants

CR n°5 : L'atelier au Théâtre de Chelles : adultes

CR n°6 : les deux ateliers adultes et jeunes de l'Ecume du jour à Beauvais

CR n°7 : l'atelier de l'APHAM Orthez

CR n°8 : Les deux ateliers de Montreuil

CR n°9 : L'atelier femmes de Villiers le Bel

CR n° 10 : L'atelier jeunes et l'atelier 6èmes de Villiers le Bel

CR n°11 : L'atelier habitants et professionnels de Nantes.

CR n°12 : L'atelier du 19ème

CR n°13 : L'atelier du Secours catholique

CR n°14 : L'atelier monoparentalité de Brunoy

CR n°15 : L'atelier jeunes et éducateurs du CG du Doubs

CR n°1
Compte rendu de l'action « Espoir » Menée avec le CG du Doubsl


LE PROJET INITIAL :

Le premier et principal objectif est le travail avec un groupe d'adultes vivant des problèmes d'insertion sociale et professionnelle pour les aider a reprendre en main leur existence et leur insertion dans notre société et leur « employabilité ».

Un deuxième objectif s'est rajouté au premier par la rencontre de l'équipe de travailleurs sociaux de Bachus avec le collège Lumière : En effet, le collège s'est engagé dans une action humanitaire d'aide à l'Afrique et souhaite mener des actions en ce sens. Ainsi, un jour sur trois, le groupe d'adultes travaillera avec un groupe d'enfants de 5ème du collège Lumière et ils produiront ensemble un spectacle commun.

LES PARTENAIRES DE L'ACTION :

Le Conseil Général du Doubs :

Il a financé l'action sur des fonds insertion et a mis à disposition deux assistantes sociales et une conseillère ESF du Centre Social Bachus qui ont initié l'action et l'ont portée.

La compagnie Théâtrale « Nous n'Abandonnerons Jamais l'Espoir » Fabienne Brugel a pris en charge la direction artistique des ateliers et l'animation de la soirée publique finale.

Le Collège Lumière : La CPE de l'établissement et deux professeurs ont organisé le travail avec les collégiens dans le cadre de leur action humanitaire en faveur de l'Afrique.

LES PARTICIPANT

Les participants adultes : 8 adultes et trois travailleurs sociaux (plus 4 adultes qui n'ont suivi l'action que sur un temps)

Sur 12 personnes au départ, 8 personnes ont suivi l'action jusqu'au bout : Mohamed Amara, Catherine Boisson, Aurélia Curie, Paul Garcia, Najia Laanooni, Christophe Mourot, Caroline Vangu-Mpumunu, Nadia Zennir.

Il est a noter que tous les participants du groupe ont travaillé de nombreuses années, la plupart dans des métiers gratifiants et bien rémunérés et qu'ils ont tous un excellent niveau intellectuel qu'ils aient fait des études longues ou non.

Les 4 personnes qui ont commencé et ont cessé en cours : Gilles Raguin est venu le premier jour et a choisi de ne pas rester car le mode de travail ne lui convenait pas. Khémissa Baladah est venue au début puis a cessé car l'action ne lui convenait pas Rose Chapoutot est venue de manière épisodique car elle a souvent travaillé sur des missions ponctuelles pendant l'action. Jacky ragot a commencé l'action puis a trouvé du travail.

Par ailleurs, Christophe Mourot a vécu une situation affective difficile courrant mai et ne s'est pas senti assez bien pour jouer dans le spectacle. Il a été néanmoins présent le jour du spectacle et nous avons joué l'une de ses histoires.

Il est également à noter que Nadia Zennir et Aurélia Curie ont trouvé un emploi en juin.

LES JEUNES PARTICIPANTS DU COLLEGE LUMIERE

Les 16 jeunes participants ont tous été assidus. Ils ont été accompagnés chaque jour par la Conseillère Principale d'Education puis par deux de leurs professeurs.

LES DATES DE L'ATELIER
19, 20 et 21 février 2007-
28, 29 et 30 mars 2007
10, 11 et 12 avril 2007
14, 15 et 16 mai 2007
11, 12 et 13 juin 2007 (spectacle le 13 juin au soir)

Soit 15 journées au total : 11 jours avec les adultes seuls et 5 jours avec les adultes et les enfants réunis.

LIEUX DE TRAVAIL :

Les séances avec les enfants et adultes réunis ont toutes eu lieu au collège Lumière.

Les séances avec les adultes seuls ont eu lieu selon les jours dans des locaux appartenant à la CGT ou au CCAS.

Le spectacle final a été donné dans la salle Battant.

ORGANISATION DE L'ACTION :

La place des trois travailleurs sociaux :

Les trois travailleurs sociaux responsables de l'action ont pris en charge l'organisation des séances de travail et ont proposé aux participants une soirée de spectacle (Madeleine Proust).
Pendant les séances, ils ont été positionnés comme participants à part entière, faisant les jeux et exercices et jouant dans les scènes crées. Ils ont néanmoins gardé un statut particulier d'organisatrices de l'action prenant en charge le groupe et de travailleurs sociaux suivant individuellement les participants en dehors des séances collectives.

La place de la CPE et des deux professeurs lors des séances avec le groupe d'enfants :

La CPE a été l'organisatrice du travail au collège. Elle a été chaque jour présente et a géré la vie du groupe et nous a donné les informations qu'elle jugeait utiles pour nous permettre de diriger le travail. Elle a pratiqué avec nous les jeux et exercices mais n'a pas joué dans les scènes, sachant qu'elle devrait être disponible à l'organisation le jour du spectacle. Les deux professeurs sont venues assister à la quasi totalité des séances avec les élèves sans prendre une place de participantes mais en posant sur le travail un regard solidaire et positif, en donnant leurs idées et en assurant aux enfants leur soutien.

ORGANISATION DES SEANCES DE TRAVAIL :

Sur chaque session de trois jours, deux jours sont dédiés aux adultes et une journée est dédiée aux enfants et aux adultes (les mercredis).

Lors des séances avec les adultes, Fabienne Brugel dirige l'ensemble du travail, secondée lors de la mise en petits groupes, par les trois travailleurs sociaux.

Lors des séances avec les enfants, les adultes participants prennent tous un rôle d'assistant et dirigent des sous groupes de création de scènes. Cela a pour résultat de les mettre vraiment au contact avec les enfants, de les prendre en charge, de leur donner un statut de porteur de l'action, rôle qu'ils ont tous assumé avec plaisir et compétence.

Les séances de février et mars ont été consacrées à la constitution du groupe et à la récolte des situations qui donneraient lieu à mise en scène.

Les séances ont été découpées en une partie de jeux et d'exercices et une partie de récits, de mises en forme théâtrale et de pratique du forum. Nous avons aussi mis en forme des récits particuliers dont certains ont été écrits sur ce qui concerne les plus beaux jours de nos vies et sur ce que chacun a aujourd'hui a transmettre aux autres. Lors de la session d'avril, les séquences qui seraient portées à la scène ont été choisies dans le groupe d'adultes et dans le groupe mixte enfants-adultes ; le travail s'est alors organisé autour de la mise en scène et de l'écriture de ces scènes puis de leur répétition.

LE DEROULE DU TRAVAIL :

19 février : 12 adultes présents plus 3 TS (travailleurs sociaux)

Explication de la démarche et du travail proposé.

Pratique de jeux et d'exercices visant à donner confiance en chacun, à mettre les participants en relation les uns avec les autres, à constituer un groupe qui puisse travailler dans la solidarité, l'écoute et le non jugement.

Premiers récits individuels de situations vécues posant problème. Ces premiers récits concernent essentiellement les circonstances ayant amené les participants à être en situation de difficulté socio-professionnelle. Il y a aussi des récits qui concernent des situations vécues par des enfants de participants dans le système scolaire, des récits concernant le rapport soignant-soigné et des récits concernant le logement.

20 février : 8 adultes présents plus les trois TS

Nous commençons par le bilan de la veille :
-  C'était super. J'ai beaucoup aimé l'exercice « prendre sa place » car on se l'est tous appropriés vite et je me suis nourrie des structures qu'ont apporté les autres.
-  J'ai bien apprécié la journée d'hier, de faire connaissance avec des personnes hors de mon entourage. Je suis réservée et j'ai du mal à toucher les autres.
-  Je n'ai été là que le matin car je travaillais l'après-midi. A mon travail, j'ai dessiné la structure de « prendre sa place ». Ce travail m'a perturbée car j'avais peur. On est un groupe très riche.
-  Ici, on se parle et on se livre.
-  Moi je me demande ce que je fais là. Qu'est ce que je vais apporter et qu'est ce que je vais en retirer. Je n'ai pas l'habitude de partager avec des gens que je n'ai pas choisis. Je ne me sens pas investi. Est ce une perte de temps d'être avec les autres, de mélanger ludique et profond ?
-  J'ai bien aimé la journée d'hier. Je n'ai vraiment pas l'habitude d'être en groupe et je dois vaincre ma timidité ;
-  Au début ça m'a fait penser aux alcooliques anonymes car il y a obligation de parler. J'ai trouvé très intéressant les concepts différents que nous avons de l'amour. Je suis pressé de passer à l'action.
-  Je me sens bien.

Puis nous mettons en scène un récit concernant les conditions d'un licenciement et trois récits concernant la santé et le rapport médeçins-malades.

Nous faisons forum sur ces quatre situations théâtrales.

21 février : enfants et adultes réunis (plus les trois TS, la CPE et deux professeurs)

Nous faisons des jeux et exercices qui ont déjà été pratiqués par les adultes de manière à ne pas les mettre en difficulté devant les enfants. D'abord des jeux par groupes de deux en proposant des duos adultes-enfants de manière à leur permettre de prendre contact puis des temps de récits dans ces duos faits uniquement par les enfants, les adultes étant à leur écoute.

Les récits des enfants sont rapportés au groupe par les adultes qui les ont écoutés ce qui donne aux récits des enfants une vraie importance et aux adultes qui les portent une vraie responsabilité. Ces récits concernent la vie au collège avec les violences verbales et moqueries entre élèves, les difficultés de la classe avec des professeurs, des situations de racisme et d'intolérance et des difficultés vécues avec leurs parents. Nous choisissons 4 récits et quatre groupes dirigés par des adultes les mettent en forme théâtrale.

L'après midi, le groupe est réuni et nous faisons forum ensemble sur les situations mises en scène.

Pendant l'un des forums concernant les relations enfants-professeurs, les deux professeurs en charge de l'opération arrivent et, n'ayant pas participé au début du travail, montrent leur réticence à ce qui est en train de se passer. Une interruption de séance devient nécessaire pendant laquelle les travailleurs sociaux et moi même tentons de nous expliquer sans y arriver. Le ton monte et les deux professeurs quittent le travail. Ils n'y reviendrons qu'avec la médiation de la CPE deux mois plus tard (elles prendront alors leur vraie place ayant compris le sens du travail).

Nous finissons par un rapide bilan collectif dans lequel les enfants disent leur intérêt pour cette action et dans lequel les adultes disent leur étonnement de la qualité du travail fourni par les élèves.

28 mars : Adultes et enfants réunis plus les TS et la CPE

La matinée est dédiée uniquement à des jeux et des exercices.

L'après midi, nous demandons aux élèves de nouveaux récits hors collège. Les récits s'organisent alors sur trois thématiques : la pression des parents concernant les résultats scolaires, le mépris des gens vis à vis des SDF, une injustice vécue dans le cadre d'une activité artistique, une difficulté de relation avec les personnes agées. Nous improvisons ces récits en trois groupes dirigés par des adultes.

Nous faisons le bilan de la journée :

Bilan des jeunes :
-  C'est convivial. Je suis intéressée d'approfondir et de voir de nouveaux problèmes.
-  C'est agréable car on est entre amis. C'est chaleureux, amusant et il y a des moments d'émotion où on peut se libérer.
-  C'est bien de parler sans être jugés, d'être écoutés.
-  J'ai aimé « prendre sa place » pour bien m'exprimer
-  j'ai pas aimé « prendre sa place » car ça me met mal à l'aise
-  J'ai aimé « prendre sa place » car ça permet de voir des jeunes autrement et j'ai aimé monter les scènes.
-  -J'ai aimé « prendre sa place » car on est beaucoup à a voir les mêmes problèmes
-  -j'ai aimé « prendre sa place » car ça m'a mis clair dans ma tête et de penser et de trier où je suis.
-  j'ai aimé « prendre sa place » car on est quasi tous pareils en problèmes
-  j'ai aimé « prendre sa place » car ça m'a permis de voir que les autres ne sont pas comme je croyais.
-  j'ai aimé « prendre sa place » car ça m'a permis de m'exprimer
-  j'ai aimé « prendre sa place » car cela fait voir ce que les autres pensent
-  j'ai aimé « prendre sa place » car ça m'a rappelé plein de trucs sur ma vie
-  j'ai tout aimé car il y a une bonne ambiance
-  j'ai aimé le jeu sur l'aveugle et le guide pour la confiance et la sécurité

Bilan des adultes :
-  Cela permet de comprendre les pré-ados et leur difficultés.
-  C'était super de se mettre sous la responsabilité d'un enfant dans le jeu d'aveugles. -Ca a été une claque émotionnelle
-  C'est super d'avoir travaillé avec des individus jeunes, pas des scolaires.
-  - Merci les jeunes de votre confiance en nous.
-  J'ai moins aimé le nœud car impression de ne pas faire grand chose.

29 mars : 7 adultes présents plus les TS

Nous faisons des jeux puis faisons des récits de moments de bonheur intense puis analysons ces récits ensemble. L'après midi, nous nous transformons en atelier d'écriture pour passer à l'écrit ces moments de bonheur.

Puis nous reprenons des récits par groupes de deux cette fois, autour de la question : qu'avez-vous à transmettre aux autres à ce moment de votre vie ?

Cette journée se déroule quasi sans théâtre et permet à chacun de travailler sur sa propre richesse, sur ce qu'il porte comme expérience singulière et comme valeurs. C'est un temps très intime et émouvant.

30 mars : 9 adultes présents plus les TS

La journée est dédiée à 20 nouveaux récits en groupe et à la mise en forme théâtrale de 4 d'entre eux. Les récits concernent des situations vécues au travail ou pendant la recherche de travail, notamment avec l'ANPE, des situations de discrimination raciale, une situation en rapport avec la justice, une situation concernant le rapport à des amis ou parents malades alcooliques.

10 avril Adultes seuls plus les TS

Nous commençons ensemble un pré-choix des thématiques et situations que nous voulons mettre en scène pour le spectacle de théâtre-forum final. Nous retravaillons sur des situations liées à la CMU, au travail, à la discrimination, à l'ANPE.
11 avril : adultes et jeunes réunis. (plus les TS, la CPE et les professeurs)

Nous faisons ensemble un pré-choix des situations des enfants qui seront mises en scène pour le spectacle final. Elles concernent les moqueries des jeunes les uns vis à vis des autres, le rapport des gens aux SDF, une histoire de racisme vécue au collège et deux vécues en dehors du collège, deux histoires de rapports aux parents, une histoire de relation avec les personnes agées. Nous faisons un exercice de théâtre basé sur la voix. Nous reprenons ces séquences pour les travailler en quatre groupes dirigés par des adultes. Les adultes prennent aussi des rôles dans les scènes des enfants.

Nous faisons un bilan :

Le bilan des jeunes :
-  J'ai retrouvé mes nouveaux copains. C'est super que les profs soient là et aient amené des bonbons.
-  J'ai pas aimé la scène de violence parents-enfants
-  J'ai bien aimé jouer et progresser dans les scènes
-  Il y a une scène très violente
-  J'ai bien aimé « le chœur des prénoms »
-  On n'a pas eu le temps de débattre sur toutes les scènes
-  - Ca me défoule et j'aime que les profs passent du temps avec nous. Avez vous des nouvelles de Jackie ?
-  Je suis nouvelle et j'ai été bien accueillie
-  J'ai pas aimé le chœur des prénoms car cela a été très long
-  Je n'ai pas aimé le chœur des prénoms car je suis enrhumée
-  J'ai tout aimé
-  J'ai bien aimé mais une scène est bizarre et trop réelle
-  Le forum a été trop long et barbant
-  J'ai bien aimé
-  Il y a eu trop de bruit
-  J'ai aimé mais on a été moins inventifs que l'autre fois
-  C'était bien
-  C'était bien sauf le chœur des prénoms
-  Nos pièces sont intéressantes. J'aurais aimé plus de jeux.
Le bilan des adultes :
-  J'ai apprécié la journée. Je suis ravie que les deux professeurs soient là. La scène de violence familiale me perturbe.
-  J'ai apprécié qu'on ait aujourd'hui nos pièces. On a fait trop de forum sur une des scènes et on a trop retravaillé les scènes.
-  On sent nettement une fatigue cet après-midi. Il faudrait faire plus les scènes le matin et faire des jeux l'après-midi.
-  C'est enrichissant. Les jeunes sont super bien. J'aime les scènes et elles me font réfléchir. Moi j'aime la scène sur la violence familiale.
-  Nous sommes une bonne équipe de vieux. Deux scènes me déplaisent : celle sur les moqueries et celle sur le satanisme car elle est malsaine.
-  Pas mal, peut mieux faire
-  La première fois, j'ai été très interpellée puis j'ai pris l'habitude.
-  Je suis impressionnée par les jeunes
-  Il faudrait plus de travail le matin et des jeux l'après-midi
-  Toujours du plaisir.
-  On est dans le train. Les scènes sont choisies, les dates sont prises. La scène de violence familiale me perturbe mais je remercie l'élève qui l'a apportée car c'est très généreux. Hier j'ai croisé un élève au bus qui m'a fait la bise. C'est super.
-  Je suis très contente de faire avec les enfants, c'est merveilleux. C'est pas facile de se mettre d'accord à plusieurs.
Le bilan des deux professeurs et de la CPE

-  Vous nous avez bien reçues. Je suis étonnée de la force et du contenu des saynettes. J'aime pas la scène des baskets et de satan.
-  J'ai passé une bonne journée et j'ai découvert qu'un de mes élèves peut avoir de la voix.Je suis perturbée par tout ce que j'ai vu et entendu.
-  Il y a des choses fortes et dérangeantes mais bon. On était moins concentrés cet après midi.

12 avril : Adultes seuls et TS

La journée est exclusivement dédiée au travail de mise en place des scènes choisies.

14 mai : adultes seuls : 6 présents plus les 3 TS
Nota : Un des adultes est psychologiquement mal et ne vient pas, nous l'appelons plusieurs fois au téléphone. Une adulte ne peut être là car elle a des obligations à l'extérieur. Un adulte a fait deux candidatures pour des emplois qui l'intéressent et attend les résultats.

La journée est exclusivement dédiée au travail de reprise des scènes à jouer.

15 mai : 8 adultes présents plus les TS

La journée est dédiée d'une part au travail des scènes et à la pratique d'un exercice particulier touchant des choses intimes et à son analyse. Un adulte n'a pas l'énergie de participer à l'activité mais est présent avec le groupe. V 16 mai : 7 adultes et 15 enfants réunis plus les TC, la CPE et les deux professeurs.

La journée est dédiée à corriger nos choix de scènes ensemble puis à reprendre le travail de mise en scène et de répétition.

Nous précisons aussi l'organisation de la dernière session de juin avec le spectacle. Il est acté que le spectacle aura lieu de 20h30 à 22h, qu'il sera précédé par un repas froid sous forme de buffet préparé sous la responsabilité des trois TS en dehors des temps prévus pour les répétitions et servi par des personnes du collège. La vente des tickets repas sera faite aux parents d'élèves du collège et ira à l'action humanitaire en faveur de l'Afrique. Le spectacle de théâtre-forum sera suivi par une intervention de 20mn par la chorale du collège.

L'après midi est dédié à une répétition générale ce qui permet aux enfants de découvrir les séquences qu'ont fait les adultes.

Nous terminons par un bilan centré sur ce qu'il reste à modifier dans le spectacle et sur quels fonctionnements nous nous donnerons pour être plus concentrés la prochaine fois.

12 juin 2007 : 7 adultes et 2 travailleurs sociaux.

CR : Nous avons organisé les horaires de manière déclaée afin d'une part qu'Aurélia et Nadia puissent nous rejoindre un temps après leur travail et d'autre part qu'un temp de travail soit possible avec les enfants. Nous travaillons donc rue Battant de 14h à 16h30 puis au collège Lumière de 17h à 20h. (Nota : De 13h à 14h, Je fais un pré-bilan de l'action avec les deux travailleurs sociaux présents : Anne Marie et Ghislaine).

Coté participants : Mohamed, Catherine, Paul, Caroline, Najia sont présent.

Nadia et Aurélia ne sont présentes que de 17h30 à 20h car elles travaillent.

Christophe est absent car il ne vas pas assez bien et ne se sent pas capable de jouer.

Coté travailleurs sociaux : Anne Marie et Ghislaine sont présentes. Nassera est en congé maladie

de 14h à 16h30, avec le groupe d'adultes, nous reprenons une partie des scènes qui seront à jouer le 14 juin en remplaçant les trois personnes manquantes et laissons en chantier les scènes dans lesquelles les trois personnes manquantes sont trop pregnantes pour que répéter sans elles ait du sens.

17h, nous arrivons au collège lumière et trouvons le groupe d'enfants en train de travailler sous la direction des deux professeurs en charge de l'action et reprenons le travail avec eux. Il est à noter qu'une partie d'entre eux quittent le groupe pour une bonne demi heure car ils sont appelés pour répéter la chorale dans laquelle ils participent et que deux enfants sont absents car malades. Entre 17h30 et 18h, Nadia et Aurélia arrivent de leur travail et nous reprenons les scènes des enfants sauf les deux séquences dans lesquelles les deux enfants et Nassera ont des rôles primordiaux et qui ne peuvent donc pas être travaillées. Nous finissons le travail de répétition en extérieur avec un exercice visant à aider les enfants à se positionner vis à vis du public et à pousser leur voix pour être entendus.

13 juin : 5 adultes et trois travailleurs sociaux

Les horaires de travail sont fixés de 10h à 16h30 avec le groupe d'adultes. Sont présents Mohamed, Catherine, Paul, Caroline, Najia coté participants et les trois travailleurs sociaux en charge de l'action. Sont absentes Nadia et Aurélia qui travaillent. Il est à noter que Rose, qui a participé à l'action de temps en temsp quand elle n'avait pas de travail, passe nous dire bonjour.

Nous consacrons tout notre temps de travail à nous préparer au forum en entraînant les protagonistes qui le conduiront sur scène le lendemain. Cela permet de vérifier que chaque participant a bien intégré la fonction du forum et cela permet au groupe de s'ajuster sur le "discours" qu'il va porter. Le groupe est très actif et très mobilisé par ce travail de préparation du forum. Nous déterminons ensemble les lignes des oppresseurs, sur quoi nous voulons faire porter le forum...
14 juin : 8 adultes, 15 enfants et les trois travailleurs sociaux.

Les horaires sont fixés avec un début de journée à 14h au collège Lumière avec :

de 14h à 16h, une répétition pour les adultes seuls avec une seule absente : Aurélia puisque Nadia a réussi à organiser ses horaires à son travail à la Région pour être libre l'après-midi.

de 16h à 17h30, une répétition avec les enfants et adultes réunis : nous faisons un filage complet du spectacle.

de 18h à 19h, nous sommes dans la salle Battant où se trouvent aussi les enfants et le professeur de la chorale, les enfants et adultes du collège chargés de préparer l'espace pour le repas et la vente d'objets solidaires pour leur projet d'aide à l'Afrique. Dans le tohu-bohu qui règne, nous ne pouvons pas faire un dernier filage sur la scène. Nous ne prenons donc que 15 minutes pour vérifier que les adultes et les enfants feront leur entrée et leur sortie comme prévu et pour qu'ils se placent au bon endroit sur scène. nous laisserons ensuite le plateau à la répétition de la chorale.

de 19h à 21h : repas, chorale et discours de présentation de la Principale du collège et des trois travailleurs sociaux du CG. Il est à noter que le spectacle de théâtre devait commencer à 20h30 mais qu'il n'a pu commencer qu'à 21h.

Le public est nombreux (environ 170 personnes dont une bonne vingtaine ne trouverons pas de place assise) et essentiellement composé par les parents des élèves qui chantent dans la chorale et qui jouent dans le théâtre-forum, les élèves concernés par la chorale et ceux qui ont été mobilisés pour participer à l'action d'aide à l'Afrique. Il y a environ 170 personnes dont environ 130 mobilisées par le collège Lumiere et une quarantaine de personnes mobilisées par le Conseil Général (des responsables, des travailleurs sociaux) et par les participants (amis ou famille).

La soirée se présente globalement comme une soirée du collège, les trois travailleu rs sociaux ont d'ailleurs du mal à obtenir l'écoute de la salle pour faire leur présentation après celle de la Principale du Collège tant la majorité du public est en attente de voir ses enfants sur scène dans la chorale ou dans le spectacle.

Le déroulement du théâtre-forum

L'ensemble des acteurs du spectacle tiennent leur place et assument de porter au public les séquences que nous avons préparées.

La configuration de la salle, la chaleur qui y règne et le nombre important de spectateurs font que les acteurs qui n'ont pas réussi à pousser leur voix sont très mal entendus par toute lune partie des spectateurs.

La partie forum se déroule sans encombre mais avec quasiment pas de participation des parents d'élèves : les spectateurs qui acceptent de monter en scène sont quasiment tous des invités du Conseil général ou des acteurs. L'on sent la majorité de la salle très peu encline à participer.

LE CONTENU DES SEQUENCES PRESENTEES AU FORUM

Nota : les séquences proposées par les adultes ne sont jouées que par dles adultes. Les séquences proposées par les enfants sont jouées par les enfants et les adultes.

Tout d'abord, trois séquences ayant trait au rejet de l'autre :

1/ Une séquence proposée par les enfants : Le mendiant.

Une personne fait la manche dans la rue. Une famille passe dans laquelle le père tient des propos très négatifs sur la personne qui fait la manche. Les deux enfants se moquent de la personne eux aussi et renversent la sébille du mendiant en riant. Le père rappelle ses enfants en leur disant qu'il ne faut pas avoir à faire avec ce genre de personnes. Deux autres enfants sont témoins de la scène et sont choqués et tentent de réparer auprès du mendiant le mal qui vient d'être fait. Nous convenons que nous ne proposerons pas cette séquence au forum.

2/ Une séquence proposée par les enfants : Les personnes agées dans l'immeuble.

Une famille a emménagé depuis peu. Les personnes agées qui résident là sont persuadés que les enfants de cette famille jettent leurs papiers par terre et salissent ainsi la résidence. Les parents des enfants n'arrivent pas à les convaincre que ce ne sont pas leurs enfants. Les choses s'enveniment assez pour que la famille décide de déménager.Comment arriver à discuter avec des personnes qui refusent le dialogue et vous rejettent ?

3/ Une séquence proposée par les adultes : A table seule

C'est son premier jour de travail comme serveuse dans un restaurant. Avant le service, l'équipe prend son déjeuner en commun, sauf elle qui se voit interdire la table commune et qui est sommée de manger seule à une autre table. La salariée fait son service du jour mais refusera de revenir travailler là. Qu'aurait elle pu faire d'autre ?

Puis deux séquences sur les relations parents-enfants :

4/ Une séquence proposée par les enfants : la pression des notes

Un enfant a eu 14 de moyenne générale au premier trimestre. Au deuxième trimestre, sa moyenne est de 11,5. A la réception du bulletin, ses parents le privent de télévision, de sorties, d'internet... Les enfants trouvent cela injuste. Les adultes du groupe sont partagés. La sanction est elle justifiée ou non ?

5/ Une séquence proposée par les enfants : la violence dans la famille

Cette séquence a beaucoup fait débat dans le groupe : Le protagoniste qui l'a relatée souhaite que ssa séquence soit jouée mais les professeurs trouvent la scène trop violente. La scène raconte comment un pré-adolescent refuse l'autorité des ses parents, leur tient tête et comment l'on en arrive a de la violence physique. Comment peuvent faire les parents pour sortir de là ?

Puis, trois séquences ayant trait au racisme :

6/ Une séquence proposée par les enfants : le Restaurant

Une famille est attablée dans un restaurant. Arrive une famille qui demande une table. La restauratrice la leur refuse. Cette famille est noire. La première famille interveint et, devant le refus de la restauratrice, quitte le restaurant. Cette séquence ne sera pas proposée au forum.

7/ Une séquence proposée par les enfants : Les singes.

cela se passe dans un train londonien mais pourrait aussi bien se passer dans un bus à Besançon. Une mere et sa petite fille noires sont là. Quatre jeunes vont se mettre à imiter les singes face à elles pour leur signifier comment ils les perçoivent. La petite fille pleure. La mère et la fille changent de place pour s'éloigner. Les jeunes ont gagné. Aucun autre adulte n'intervient. Qu'araint pu faire les autres voyageurs ?

8/ Une séquence proposée par les adultes : la discrimination a l'entrée des boites de nuit.

Le protagoniste de la scène est le portier physionomiste. Il est magrehbin et recoit l'ordre de ne pas laisser entrer dans la boite de nuit les personnes d'origine étrangère. Il applique la consigne parc equ'il a besoin de travailler. Il devra même témoigner aurpès de la police qu'aucune discrimination raciale n'est pratiquée dans l'établissement le jour où un client portera palinte. C'est ce que nous appelons le travail indigne. Que peut faire le salarié à qui une telle consigne est donnée ? Que peuvent faire les clients acceptés ou refusés à l'entrée ?

Puis Deux séquences concernant des licenciements et des situations de travail dans lesquelles l'employeur n'est pas correct avec ses salariés.

9/ Une séquence proposée par les adultes : La boite de nuit et la nouvelle associée.

Une personne est embauchée par un propriétaire de boite de nuit qui est fermée depuis plusieurs mois comme Directeur pour la remettre aux normes, faire les démarches administratives nécessaires à sa réouverture, s'occuper de la communication, embaucher une équipe de salariés. Il a carte blanche, un salaire de euros par mois et un appartement de fonction.

Le jour de l'ouverture, l'établissement est bondé. Le propriétaire arrive mais il est accompagné d'une nouvelle personne avec lequel il est en couple et qu'il présente comme sa nouvelle associée. Cette nouvelle associée va prendre une place de plus en plus importante et le conflit va se creuser entre la nouvelle associée et le Directeur embauché. Un jour le Directeur part deux jours en congés avec l'accord du propriétaire. Quand il revient il trouve un constat d'huissier mentionnant un abandon de poste et les clés de son appartement de fonction ont été changées. Il est licencié séance tenante. Il fera une démarche judiciaire qu'il gagnera. Mais cela fait deux ans et ses indemnités n'ont toujours pas été versées par l'employeur.

10/ Une séquence proposée par les adultes : la menuiserie.

Un menuisier prend un apprenti. Cet apprenti obtient son cap à l'issue de ses trois années d'apprentissage. Il demande à être embauché.L'entrepreneur refuse un embauche et propose une nouvelle année d'apprentissage en ébénisterie. L'entreprise ne fait pas d'ébénisterie mais le jeune accepte. Il ratera son CAP. Entre temsp deux nouveaux apprentis sont arrivés que le jeune forme, l'entrepreneur se consacrant uniquement à la partie commerciale. Le jeune rate son CAP d'ébéniste par manque de pratique. Il demande à nouveau à être embauché. L'entrepreneur lui propose alors un contrat aidé de type ARE qui est subventionné par la région. Le jeune accepte. Son poste ne coutera pratiquement rien à l'employeur. A l'issue de ce contrat aidé, le jeune demande à être embauché. L'entrepreneur ne trouvant pas d'autre mesure aidée refuse sous prétexte que le jeune a des cheveux trop longs. Le jeune aura travaillé deux années après son CAP sans couter grand chose à l'employeur. Comment faire

pour que les aides à l'emploi soient mieux controlées ? Qu'aurait pu faire ce jeune sachant que l'entreprise n'avait pas de soucis financier particulier ?

Enfin, trois séquences sur les conséquences du chomage et les difficultés auxquelles s'affrontent les personnes privées d'emploi :

Ces trois séquences sont proposées par les adultes

11/ 10 fois sans frais : Une personne est cliente d'une grande surface et a une carte pass. Pendant la canicule, son frigo tembe en panne et elle demande à bénéficier d'une offre de la grande surface consistant à proposer un paiement en fois sans frais. Elle monte donc le dossier avec la salariée préposée à cette tache. Mais lorque la salariée du grand magasin découvre que la cliente est au chomage depuis trois mois, elle refuse le dossier et ne propose plus qu'un paiement en trois mensualités ce qui va trop gréver le budget familial . La cliente a honte car d'autres clients sont là attendant leur tour.

12/ La CMU : Une enfant arrive chez son dentiste avec une rage de dents. Le dentiste la connait très bien car la famille est cliente depuis plusieurs années. L'enfant annonce que sa maman vit une période difficile, a perdu son emploi et n'a pas obtenu les papiers nécessaires pour l'ouverture des droits aux assedics de son ex-employeur et que la famille est maintenant à la CMU. Le dentiste refuse tout net de prendre l'enfant car il refuse de prendre les personnes en CMU. Que peut faire la personne qui est dans la salle d'attente et qui a entendu ?

13/ Il s'agit de deux dernières séquences qui seront présentées comme des improvisations en guise de variations et qui mettent en scène des salariés de l'ANPE qui s'endorment face aux usagers.

FIN

CR n°2
Bilan du projet de Bobigny 2007

Le commanditaire : La Sauvegarde de l'Enfance et l'association Vie et Cité

L'objectif essentiel : Le projet théâtre forum constitue une médiation pour permettre aux adolescents de s'exprimer sur leurs problèmes d'existence.

Les partenaires : Deux éducatrices de la Sauvegarde sur tout le projet , 3 stagiaires de la Sauvegarde qui sont passés à différentes périodes, Une éducatrice de vie et Cité présente sur tout le projet et une autre qui est arrivée sur cette structure et qui l'a rejoint au troisième trimestre. Nota : Nous avons pris en stage sur cette opération une éducatrice de Montreuil qui a eu l'autorisation de son employeur pour venir suivre ce projet et se former à l'outil.

La présence de tous ces adultes a été d'une grande richesse. Chacun d'entre eux a pu trouver sa place. J'ai trouvé très touchant la manière dont ces 7 éducateurs se sont positionnés. En effet Mamadou et moi avons à tout moment eu en main non seulement la création de ce spectacle mais aussi tout ce qui a pu se jouer à l'intérieur de ce groupe dans les relations entre les jeunes, dans les différents passages plus ou moins douloureux ou conflictuels. D'autre part aussi bien sur les phases de récits, de travail plus intérieur, ou de jeu, chaque adulte a été là avec la place et l'investissement qu'il pouvait donner à ce projet et ce jusqu'à la représentation du mercredi 6 juin2007.

Où et Quand ?

L'atelier a eu lieu dans une salle prêtée par la Bibliothèque de Bobigny. On y a travaillé tous les mercredis du mois d'octobre au 6 juin 2007, à raison de 3 h par atelier (de 14h à 17h) . Il n'y avait pas d'atelier pendant les vacances scolaires. Aucun atelier n'a été annulé. Certains ont fonctionnés avec peu de monde mais par respect pour les jeunes et les éducateurs qui s'étaient déplacés, nous n'en avons jamais annulé un.

Les participants

31 jeunes de 11 à 15 ans sont passés vivre au moins une ou deux fois l'atelier. 9 étaient présents au spectacle. 2 autres y ont été très présents mais pas jusqu'au bout pour des raisons différentes. (l'une était très liée a l'éducatrice qui la suivait et qui a arrêté l'action pour des raisons de santé. Quand à l'autre elle s'est beaucoup investie affectivement dans une relation avec une autre jeune du groupe et vers la fin c'étaient les conflits ou grands moments d'amitié qui l'ont emporté sur le projet théâtre et elle n'est plus venue.

Du côté de Vie et Cité il y a eu un premier groupe qui est venu sur 2 séances mais qui s'est très vite positionné comme groupe d'un même quartier (ils étaient 5 ou 6). Suite à un conflit à la sortie d'un atelier, ils n'ont jamais voulu revenir pour qu'on travaille dessus. De ce groupe n'est resté qu'un jeune. Peut être que l'éducatrice de vie et cité était un peu seule pour porter ce projet. Sur les 9 jeunes qui sont restés jusqu'au bout, il y en a eu qu'un de Vie et Cité mais plein sont passés voir une fois mais n'ont pas réussi à s'accrocher. .En ce qui concerne l'origine sociale des jeunes participants, beaucoup d'enfants sont issus de milieux populaires, moins à priori pour le jeune de Vie et Cité. A noter qu'il y avait trois sœurs d'une même famille , pas toujours facile mais passionnant.

L'atelier

Il y a eu un travail autour des jeux du répertoire(une trentaine de jeux ont été proposés) Un travail autour de moments de vie proposés par nous : Quand j'ai été reconnu dans ma vie ? Mes rêves pour le futur ? Mes craintes pour le futur ? Quand je me suis senti différent des autres ? Un travail de récits d'histoires en sachant qu'on les a toutes jouées au moins une fois Un travail de mise en scène et d'entraînement au forum pour chacune des 6 histoires choisies..

Du côté des jeunes, On a eu beaucoup d'histoires qui touchent l'humiliation soit entre copains soit avec des profs au collège, très peu d'histoires de familles. Du côté des éducateurs on a eu la question de la confiance et de la trahison, la question du positionnement par exemple face à la police quand on pense qu'elle devient oppresseur, la question de ce qu'on fait de la parole d'un jeune vis-à-vis d'un établissement et la notion de secret ?

Ce groupe était un groupe très touchant de par sa bienveillance mutuelle. De très douces relations entre les garçons et les filles, entre les jeunes et les adultes avec en parallèle une fragilité extrême au début qui a pris des forces jusqu'à l'avant dernière séance où la peur de la fin de cet atelier s'est sentie et ou il a fallu trouver l'énergie pour les emmener jusqu'à ce spectacle en leurs disant qu'on avait besoin de chacun d'eux et qu'ensemble on allait faire un cadeau à cette salle et donc à nous aussi. On a très vite senti, vu la fragilité des personnes, qu'il ne fallait pas juste montrer leurs histoires difficiles. On a donc mis en scène leur moment à chacun où ils se sont senti reconnus et ça a été très beau et très important de démarrer avec ces 16 passages de vie qui disent que, des fois, une phrase ou un geste bougent quelque chose en nous de profond et reste gravés. En fait ce groupe à bougé, les jeunes, les adultes aussi . il y eu des moments merveilleux d'échange de rôle entre un éducateurs qui se retrouvaient à jouer le jeune qu'il suivaient à l'extérieur de l'atelier et tout cela dans une grande humilité. Le groupe d'adultes s'est réuni début mai pour faire le point et, ensemble, se reposer des questions sur la place de chacun. C'était passionnant de voir qu'on essayait de faire du lien, de créer des ponts et de trouver ensemble les mots pour expliquer aux jeunes, peut être avec d'autres mots, pourquoi on était là ensemble. Je pense que c'est un des éléments qui fait la force de ce projet et qui a permis à chacun d'être vraiment lui-même.

Le spectacle

Il a eu lieu le mercredi 6 juin 2007 à Canal 93 de 19h à 21h, suivi d'un pot. On a eu la scène à partir de 12h et on en a bien profité. Les commanditaires ont envoyé et distribué des invitations de leur côté, la compagnie NAJE a envoyé aussi l'information sur le site et par mail. Il y a eu 93 personnes dans la salle. Pratiquement toutes les familles des jeunes qui jouaient étaient là, ce qui a permis un forum vivant avec beaucoup de propositions d'adultes ou d'enfants. Les grands ados de la salle manifestaient une certaine énergie mais pas jusqu'à venir sur la scène , dommage !

Apres les 16 passages de moments de reconnaissance, récits ou images en action, 6 scènes ont été jouées

L'entrée en sixième Comment une jeune de 12 ans qui a été humilié en cm2 sur son poids, le fait qu'elle ait redoublé, a peur que ça recommence et simule une crise d'appendicite le jour de la rentrée en 6eme ?

L'agression Comment on fait quand on est seul et qu'on voit devant le collège un couple de jeunes se faire agresser par un groupe de jeunes du collège ?

A table Comment on fait pour que nos parents aient envie de parler avec nous à table et comment on fait si à la moindre gaffe(renverser de l'eau) notre père se met à nous dire des paroles très violentes et notre mère se tait ?

Le string Comment on fait quand on et éducatrice et qu'une jeune vient de se faire humilier par son professeur et , nouvelle en France et dans le collège se sent seule et ne veut plus y retourner ?

Le commissariat Comment quand on est éducatrice et qu'on va chercher avec les parents des jeunes qui sont en garde à vue ,on fait face au mépris des policiers avec soi même, l'éducatrice mais aussi avec un père ?

La bombe lacrymo Comment on fait quand dans 1 classe quand un jeune nous fait peur et qu'on en arrive à se faire disputer à sa place et que chacun se tait car tout le monde le craint ?

I Le bilan avec les partenaires a eu lieu le mercredi 4 juillet à "La sauvegarde de l'enfance" à partir de 10 heures avec les jeunes (bilan, visionnage des photos, repas avec eux). Il manquait une jeune qui était en vacances. Les trois sœurs sont arrivées pour le repas, après le bilan. Je leur ai donc proposé de faire un bilan individuel après, pour avoir aussi leurs paroles. De 14 heures à 17 heures 30, nous avons échangé avec Bernard Champagne et les éducatrices, sur la place de chacun dans ce projet,le suivi des 20 jeunes qui n'ont pas continué, le lâcher prise, la confusion ou non des rôles, l'espace du dehors et du dedans, et bien d'autres choses encore. Bernard nous a définis, Mamadou et moi, comme "les maîtres de l'objet". Etonnant, non ? Ce moment de bilan a été pour moi très riche, tant sur le contenu que sur la qualité d'écoute durant ces échanges, sur le "parler vrai". Je préfère ne pas en écrire davantage car n'ayant pas pris de notes, je ne veux rien abîmer de ce temps.

Voici les paroles que j'ai notées, celles des adultes suivies de celles des jeunes au moment du bilan du matin. La question était : "qu'est-ce que cet atelier m'a apporté professionnellement, personnellement ? Est-ce que des choses ont changé en moi ? Est- ce que je serais prêt à le reprendre si cet atelier redémarrait l'année prochaine ?" Sur cette dernière question, un jeune a dit qu'il n'était pas sûr d'avoir envie, une adulte a dit que pour elle ça avait été trop difficile émotionnellement et qu'elle pourrait suivre l'atelier mais ne pourrait plus être en représentation. Tous les autres seraient partants.

Paroles d'adultes :

-  Professionnellement, ça m'a beaucoup intéressée. C'est enrichissant car on s'apporte mutuellement. Souvent j'y ai repensé au boulot, j'en ai beaucoup reparlé. C'est un bon outil, pour différentes choses. Dans mon boulot, c'était le moment que j'attendais. J'ai ressenti beaucoup d'émotions le jour du spectacle. La vie privée et la vie professionnelle étaient mêlées. Je ne me sentais pas au travail. J'ai eu peur de jouer les oppresseurs à cause de l'improvisation mais c'est libérateur, ça m'a fait du bien.

-  Ca a été très mélangé. J'ai jamais touché au théâtre. J'ai été à deux doigts de ne pas venir faire le spectacle. J'étais très mal, je ne le referai pas jusqu'au bout, ça a été trop violent pour moi.

-  Ca m'a réconciliée avec le fait que deux jeunes ont lâché. J'étais très contente de voir ce spectacle, c'était très touchant, très réussi.

-  Je suis fière. C'était enrichissant. D'un point de vue personnel, je veux continuer un atelier pour moi et en monter un sur mon lieu de travail. Un de mes meilleurs amis est monté sur la scène. J'ai bien résisté. C'était libérateur d'être oppresseur.

-  Vous m'avez acceptée dans le groupe. Le groupe était constitué, il y avait une confiance. Je l'ai senti. Ca m'a fait plaisir de monter sur scène. Ca a été une belle expérience.

-  D'un point de vu professionnel, j'ai appris à monter un projet avec d'autres. Le rapport que j'ai eu avec les jeunes était différent de celui que j'ai dans les rendez-vous individuels. Ca a été un soulagement. J'ai apprécié de participer mais je ne peux pas me mettre en scène. Ce travail en groupe est très intéressant. Il me reste un pas à franchir. Je crois que je pourrai le faire. Cet atelier a été une soupape.

-  Je suis devenue une inconditionnelle du théâtre forum. J'ai vécu ça comme une aventure qui s'est très très bien terminée. J'étais très stimulée. J'ai rencontré les jeunes différemment. J'ai été touchée par ce que j'ai vu de chaque jeune dans sa sincérité. Je les ai découverts, je les en remercie. On a été sur un même pied d'égalité. Ce qui a été très dur c'est le stress toute la journée avant le spectacle.

Paroles de jeunes

-  J'ai bien aimé l'ambiance. Le théâtre forum c'est plus décontracté que le théâtre. Je regarde les choses….ça a changé mon état d'esprit et ma façon de regarder. C'est à partir d'avril, de répéter le spectacle ça m'a motivé, avant des fois je m'ennuyais. J'ai préféré jouer des oppresseurs.

-  Ce qui m'a plu, c'est les scènes, la manière de le faire, je me suis senti bien.

-  C'était bien qu'on puisse raconter des histoires qu'on a vécues, qu'on n'a jamais dit à personne, ça m'a libérée. Y en a encore plein que j'ai pas encore raconté.

-  Ca m'a donné beaucoup de bonheur de rencontrer beaucoup de personnes, de donner mes histoires, de construire ensemble, de s'entraîner pour le futur. J'ai eu du courage. J'ai vu que j'étais quelqu'un, que je m'en foutais que les autres ne soient pas restés. J'ai été félicité par mon cousin le jour du spectacle. Ca m'a fait très plaisir.

-  J'ai beaucoup aimé à partager des sentiments un peu personnels. Mon éducatrice m'a proposé, j'ai dit oui. J'aime bien. Ca m'a soulagé. J'ai jamais parlé avant. Tout le monde m'a écouté. J'aime bien qu'on m'écoute.

-  Maintenant, j'arrive à m'exprimer plus. Quand je suis chez moi, je m'ennuie, quand je venais ça allait bien. J'étais très contente de le faire avec mes deux sœurs, on fait un groupe de trois. Maintenant, je suis moins seule. C'était super bien. Le spectacle était un moment super. J'ai beaucoup pleuré après le spectacle. Je ne vais jamais oublier cette expérience.

-  C'était super. D'habitude j'ai honte. Ca m'a montré de ne plus avoir honte. C'était trop bien parce que ça m'a appris à discuter avec des gens. J'avais honte de discuter avec les gens avant.

-  Je me suis sentie bien. D'habitude, en classe, pour les exposés je ne veux pas en faire et je me moque des autres. Maintenant je demande de passer et je ne me moque plus des autres. C'était bien, il y avait d'autres personnalités que dans le quartier. Dans le quartier je suis pas avec mes sœurs. Maintenant je suis plus toute seule, on partage le théâtre, on en parle tout le temps à la maison du théâtre forum avec mes sœurs.

Pour moi et Mamadou, cet atelier nous a énormément apporté humainement et aussi sur l'importance qu'on sait mais qui est rare de la cohérence des adultes entre eux d'autant que le groupe de jeunes en face arrive avec de grandes fragilités. Il faut maintenant veiller à la suite à une phase possible de solitude pour certains qu'il va falloir accompagner. FIN

CR n°3
Atelier pré-adolescents Villiers le Bel

Commanditaire et partenaires : Cet atelier a été commandité par la Ville de Villiers Le Bel. La maison de quartier Boris Vian du quartier des Carreaux s'est associée à cette action. L'animateur chargé du groupe des pré adolescents au sein de la maison de quartier a d'ailleurs participé à l'atelier chaque semaine jusqu'au mois de mai, période à laquelle ce poste est passé à une autre personne.

Objectif principal : Il a été mis en place afin de travailler sur les rapports des différents quartiers avec un groupe de préadolescents.

Lieu et périodicité : L'atelier s'est déroulé à la Maison de Quartier Boris Vian le mercredi de 16h30 à 18h30 du 22 novembre 2006 au 27 juin 2007, hors vacances scolaires

Participants : Au premier atelier, il y avait 12 enfants entre 10 et 13 ans. Deux autres enfants sont venus assister à quelques séances. Au mois de février, nous avions un groupe régulier de 8 enfants. En fin d'année, nous ont rejoint deux jeunes filles installée en France depuis le début de l'année qui jusqu'alors vivaient au Maroc. Quatre enfants ont arrêté l'atelier très rapidement car l'activité ne leur plaisait pas. Nous avons cru comprendre qu'il y avait eu une histoire racontée à l'extérieur, ce qui a poussé deux enfants à quitter le groupe. Une enfant a arrêté de venir à partir du 16 mai car sa mère n'était pas satisfaite de ses résultats scolaires. Une autre a arrêté au mois de juin car il y a eu des disputes à l'extérieur de l'atelier.

Vie du groupe et contenu du travail : Ce groupe a manifesté une implication très forte dans les idées à défendre mais paradoxalement s'est révélé très dissipé. C'est un groupe qui avait plaisir à se retrouver et qui de ce fait se dispersait facilement.

Nous avons tenté dans un premier temps de travailler comme c'était convenu sur les rapports entre les différents quartiers. Après avoir fait un travail d'images, d'improvisations, de jeux, et après divers essais de récit, il est apparu que cette problématique n'était pas pertinente pour ce groupe.

Avant le premier spectacle et, outre les scènes choisies pour être jouées, nous avons travaillé sur plusieurs scènes qui peuvent se regrouper en quatre ensembles :
-  Les rapports à l'autorité à l'école : quand les professeurs commettent des injustices, quand les copains ne se dénoncent pas.
-  Les exclusions : parce qu'on ne ressemble pas aux autres (vêtements…), parce qu'on est blanc (babtout), parce qu'on est métisse (au foot, il y a une équipe de noirs et une équipe de métisses), parce qu'on est une fille (elles font perdre les équipes en sport)
-  La violence incomprise : on se prend une claque en sortant d'une classe, on se fait frapper par des inconnus dans la rue, le petit frère qui se fait frapper dans son école.
-  La famille : problème quand il faut s'occuper d'une petite sœur alors qu'on voulait sortir, rapport sœur / demie sœur. Après ce spectacle, nous n'avons travaillé que sur les scènes pour l'autre spectacle.

Les spectacles :

Nous avons pu faire deux spectacles : le 16 mai et le 27 juin, dans la salle de spectacle de la Maison de Quartier Boris Vian.

Etaient présents des parents et des enfants, adolescents, jeunes habitués de la maison de quartier et mobilisés par eux.

Il y avait dans les deux cas une soixantaine de personnes.

Lors du premier spectacle, quatre scènes ont été jouées : « la Babtout », « les Pompiers », « la C… », « Le beau gosse ».

-  « La babtout » met en scène une jeune fille blanche victime de racisme : qui est raillée et mise à l'écart à cause de sa couleur. Cette scène a beaucoup mobilisé le public. Sont intervenus des enfants et des adultes. Parmi nombre d'interventions, une enfant d'environ 5 ans affirmé son droit à la différence,une autre a dit qu'elle était noire (elle ne l'était pas). Une adulte est aussi intervenue pour démontrer que personne n'était juste noir ou blanc mais que tout le monde est mélangé.

-  « Les pompiers » raconte l'histoire d'une enfant témoin du malaise d'une vieille dame et qui appellent les pompiers. Dans un premier temps ; ils refusent de venir, croyant à une blague. Puis ils viennent mais sans un mot pour les enfants. Beaucoup d'interventions tendaient à simplement faire comprendre aux pompiers que les enfants devaient être respectés et être remerciés.

-  « La C… » raconte l'histoire d'une jeune fille qui a des amis et qui devient le bouc émissaire en se faisant insulter dans la classe. Les interventions ont souvent consisté à intervenir en tant que autre élève pour défendre la « C… »

-  « Le beau gosse » raconte comment un jeune pas dans la mode se fait insulter régulièrement en passant devant une bande de jeunes de son quartier. Les interventions ont visé à comprendre pourquoi il se faisait traiter de « beau gosse » et à faire comprendre le caractère blessant de ces propos.

Lors du second spectacle, trois scènes on été jouées :

-  « En toute amitié »se passe dans une colonie et le dernier soir, il y a une soirée où il faut venir accompagné. Une jeune fille propose à un garçon d'y aller avec elle en toute amitié puis ses copines vont lui dire que cette jeune fille veut sortir avec lui. Elle est alors obligée de lui avouer qu'elle ne l'aime pas et ça le blesse. Les interventions ont surtout été à l'attention de la copine.

-  « Celle qui tourne autour de l'arbre » se passe aussi en colonie. Lors d'un déjeuner, une enfant crache son yaourt sur un moniteur car sa copine lui a appuyé sur les joues. Elle se fait punir et doit finir son yaourt en tournant autour de l'arbre. Les intervenants (y compris des très petits) se sont généralement ajouté au groupe et ont tenté d'expliquer la situation au moniteur.

-  « J'aime pas les arabes » raconte l'histoire d'une jeune fille qui se fait frapper devant la maison de quartier par une fille accompagnée de son cousin parce qu'elle vient du Maroc. Les gens ont voulu être témoins de cette situation. Des adultes sont intervenus pour raisonner les jeunes, voire appeler les parents. Une jeune a voulu faire intervenir la maison de quartier.

Bilan de l'atelier : Le bilan de cet atelier a été très positif. La Maison de Quartier était très satisfaite des spectacles et de l'évolution de certains participants. Les enfants ont été très contents de provoquer une réflexion lors des spectacles. Ils ont également apprécié le travail sur l'année. Ils ont fait leur autocritique et se sont trouvés trop dispersés dans le travail. Dominique Brubach, notre commanditaire était présente lors du premier spectacle et a apprécié la qualité du travail et de la réflexion. La Maison de Quartier Boris Vian souhaiterait prolonger cet atelier et peut-être en faire un autre impliquant des jeunes plus âgés. FIN

CR n° 4
Trois ateliers de réussite éducative
à Villiers le Bel

1/ L'atelier à l'Ecole Jean Jaurès

Commanditaire et objectif : Cet atelier s'inscrit dans le cadre de la mission réussite éducative pour la ville de Villiers le Bel.

Equipe directrice : Un coordinateur chargé d'accompagner les enfants et d'attendre les parents s'est greffé au groupe. Cet atelier a été animé par Clara Guenoun (remplacée pour trois séances par Marie-France Duflot) et par Emy Lévy.

Où et quand ? L'atelier s'est déroulé au sein de l'école Jean Jaurès, de 16h30 à 18h30 les vendredis, à compter du 23 mars, hors vacances scolaires.

Les participants :

Les enfants participants à cet atelier ont été choisis par leurs instituteurs sur deux écoles différentes parce qu'ils avaient des difficultés. Y ont participé huit enfants, dont trois de l'école Gérard Philippe. 7 places sont donc restées disponibles. Ces enfants étaient entre le CE2 (une enfant) et le CM2.

Nous avons constaté que la pratique de la langue française était parfois fragile, que certains enfants étaient particulièrement réservés ou, à l'inverse, extravertis. Enfin, certains étaient très émotifs. Un seul enfant n'a pas participé au spectacle car il n'était pas en capacité de s'inclure dans un groupe.

Le travail de l'atelier :

La vie du groupe a été très mouvementée.Tout d'abord parce qu'il a fallu trois séances avant que les enfants soient au complet. Ensuite parce qu'un des enfants a nécessité beaucoup d'attention. Il s'est retrouvé dans de réels moments de détresse qui ont justifié que l'on prenne du temps pour l'écouter. Il a par la suite continué à exiger cette attention qui n'était plus justifiée. Il est allé jusqu'à inventer des histoires pour qu'on les monte. Le travail est alors devenu très pénible. Les autres enfants n'ont plus trouvé de place dans le groupe. Certains ont même été très fragilisés émotionnellement car déjà relativement en souffrance. Une fois la décision prise de ne pas poursuivre l'atelier avec cet enfant, le travail a été agréable, constructif et bénéfique.

Les histoires racontées s'axent sur trois thèmes :
-  le rapport à l'adulte : une boulangère qui parle mal aux enfants, un monsieur à l'extérieur de l'école qui fait peur aux enfants ; l'instituteur qui donne une punition collective injustement
-  les rapports entre copains : quand on se fait traiter, quand personne ne veut être notre ami, quand on se fait gronder et que les copines ne se dénoncent pas, quand un secret est dévoilé
-  l'exclusion : parce qu'on ne parle pas français, quand on est différent.

Le spectacle : Le spectacle a eu lieu à la maison de quartier Boris Vian, le vendredi 29 juin de 17h à 18h15. Il y avait environ 25 élèves de l'étude, deux ou trois instituteurs, Dominique Brubach et Christine Erard. Trois scènes ont été jouées :
-  « la nouvelle élève » : une élève ne parlant pas français arrive dans une classe. Les enfants lui font faire un doigt d'honneur à la maîtresse et la laissent se faire punir pour s'amuser. Le forum a consisté à s'ajouter en tant qu'élève, soit pour faire en sorte que les autres enfants ne fassent pas la blague, soit pour expliquer à la maîtresse que la nouvelle élève a été manipulée.
-  « Dans le quartier » : un jeune joue dans le quartier avec son cousin. Des amies du cousin arrivent disent au plus petit de partir, l'insultent puis le frappent. Les enfants ont remplacé le cousin ou l'enfant qui se fait insulter afin d'éviter la bagarre.
-  « L'élastique » : quatre filles jouent à l'élastique. Trois d'entre elles refusent que la quatrième joue : elle ne fait que tenir l'élastique. Les interventions visaient à être témoins de la situation ou à remplacer la victime. Quelques petits garçons sont intervenus et se sont beaucoup impliqués dans cette histoire.

Le bilan : Le bilan du spectacle a été très positif. Le travail était fragile et les enfants ont été heureux et fiers d'être allés au bout. Certaines institutrices ont découvert que certains enfants présents pouvaient parler ( ! ! !).

Si cette action devait se reconduire, et il semble que c'est envisagé, il faudrait procéder à des améliorations. Tout d'abord, certains enfants ont appris que cet atelier était destiné à des enfants en difficulté et nous ont dit qu'ils avaient voulu arrêter à cause de cela et que ça les avait blessé. D'autant plus qu'ils l'ont appris de la bouche d'autres élèves Par ailleurs, nous regrettons qu'il n'y ait pas eu de lien avec les différents partenaires du projet. Les enfants ont rejoint notre atelier sur l'initiative de leurs instituteurs, sans que nous ne sachions pourquoi, sans non plus que nous puissions parler des enfants en cours et en fin d'année. Or, il nous semble aujourd'hui que l'action aurait pu être plus profonde et plus efficace avec une réelle concertation de tous les adultes associés au projet. De plus, l'atelier ayant lieu le vendredi après l'école, les enfants arrivaient très fatigués. D'autant que trois enfants venaient d'une autre école. Il est aussi à noter que ce genre d'atelier ne peut pas avoir un caractère obligatoire : pour être efficace, il nécessite l'adhésion de l'enfant. Or, au bout de deux ou trois séances, après avoir compris le fonctionnement de l'atelier, les enfants devraient pouvoir arrêter cette activité, au risque sinon de perturber le déroulement de l'activité pour les autres enfants. Enfin, il est regrettable que l'atelier se soit déroulé avec huit enfants alors qu'il y avait quinze places : l'activité aurait été plus enrichissante avec un plus grand nombre de participants. Peut-être faudrait-il réfléchir à ne pas faire participer que des enfants en difficulté qui se sentent déjà « à part ». FIN

2/ L'atelier à l'Ecole La Cerisaie

Partenaires et objectif :

Cet atelier est commandité par la ville de Villiers le Bel dans le cadre du projet éducatif « réussite scolaire »

Il a été animé par Matthieu Suire et Annie Quentin. L' « encadrement officiel » des enfants ( accueil, fiche de présence, sortie de l'école,...) a été assuré les premières fois par un instituteur très compétent et sympathique mais dont ce n'était pas le rôle. L'arrivée (tardive) d'Audray, animatrice de la mairie a été très bénéfique pour le groupe. Nous avons eu en mars une réunion avec l'équipe pédagogique.

Où et quand ? Cet atelier a eu lieu le mardi de 16h50 à 18h30, à l'école « la Cerisaie ». La dernière séance (le 26 juin) a été ouverte aux parents

Les participants :

Nous avons commencé l'atelier avec un groupe d'une quinzaine d'enfants venant de 2 écoles .

Un groupe très hétérogène : le niveau scolaire allait de CP à CM2, certains étaient très à l'aise dans leur expression, d'autres ne parlaient pas beaucoup le français, certains avait un comportement plutôt « hyperactif » d'autres semblaient plutôt « inhibés ». Cette grande disparité dans le groupe a été très dure a gérer. Les grands CM2 très prolixes prenaient beaucoup de place par rapport à certains petits en grande difficulté pour communiquer.

Tous semblaient venir de leur plein gré, suite à leur choix entre 2 activités péri-scolaires : théâtre forum ou jeu de société. Par la suite, 5 d'entre eux nous avouèrent qu'ils se sentaient obligés de venir par une pression scolaire ou familiale. Un, particulièrement, a suivi les 6 premières séances avec un comportement conflictuel en se défendant toujours derrière l'obligation (sûrement abstraite) de venir à l'atelier malgré son désintérêt.

La présence des enfants fut assez irrégulière. Ceci est dù je pense à plusieurs points : déjà l'atelier a commencé fin Mars, juste avant les vacances. Puis nous avons essayé de changer les 2 mardi fériés pour le lundi mais peu ont suivis.

Le travail de l'atelier :

Nous avons travaillé avec les enfants sur leur problématiques. Nous avons monté beaucoup d'histoires à l'école avec les instituteurs ou les autres élèves, et à la maison avec les parents ou frères et soeurs. Une seule histoire se déroulait à l' extérieur. Nous avons à chaque fois fait forum sur ces histoires ( une douzaine ) .
D'une manière générale, les enfants du groupe n'avaient pas de difficulté à se livrer et à participer, sauf pour 5 d'entre eux. Sur ces 5, 3 ont suivi une évolution positive, 2 sont restés à en retrait et ont fini par quitter le groupe.

Notre impression, validée par le bilan fait avec les enfants, est que leur intérêt pour cet atelier à été le côté ludique, les jeux, les personnages rigolos,etc... Le travail de réflexion sur leur problématique restant secondaire.

Je pense que l'atelier se déroulant en fin de journée, tout de suite après la classe rend la concentration des enfants difficile. J'ai l'impression que leur envie, leur besoin est de jouer, de bouger...

La dernière séance : La dernière séance était ouverte aux parents. 4 sont venus et ont participé. Cela a eu un impact positif sur les enfants. L'idée d'ouvrir l'atelier une ou plusieurs fois est, je pense, inintéressante ; pas forcement sous la forme d'un spectacle officiel mais d'un échange avec les autres ateliers de théâtre forum, ou les enfants de l'étude, les parents,... FIN

3/ L'atelier à l'Ecole Langevin 1

Les partenaires La Ville de Villiers le Bel et l'école Langevin 1 Une animatrice de la ville : Johanna, a été présente à tous les ateliers et a pris une vraie place dans la gestion du groupe. C'est elle qui amenait les enfants de l'école Langevin 2, ramenait les enfants après l'atelier, faisait le lien avec les familles et avec les écoles. Mamadou Sall et Mostafa Louahem-M' Sabah ont animé l'atelier.

Où et Quand ? Dans l'école Langevin 1 du 27 mars au 26 juin, tous les lundis hors vacances scolaires.

Les participants : 8 élèves de CM1 dont 5 de l'école Langevin 1 et 3 de l'école Langevin 2. (ces deux écoles sont tout à coté l'une de l'autre). Il y avait 7 garçons et une fille qui ont été désignés par les instituteurs. Certains d'entre eux étaient très contents d'être là dès le départ. D'autres se sont beaucoup questionnés sur la raison de leur présence à cet atelier mais ont exprimé sur la fin de l'atelier qu'ils étaient contents aussi d'être là et avaient compris pourquoi leur instituteur les y avait envoyé. Les 8 enfants étaient très remuants, très agressifs en paroles et en actes les uns envers les autres. Tous semblaient avoir un grand besoin de revendiquer sa place dans le groupe.

Le travail de l'atelier : Nous avons eu beaucoup de mal à faire entrer les enfants dans les jeux de la méthode car ils étaient très dissipés et en grande difficulté pour se concentrer. Nous en avons cependant proposé à chaque atelier. Certains jours ils ont pu être menés, d'autres non tant il était nécessaire de passer beaucoup de temps à recadre le groupe. Nous avons travaillé sur les récits des enfants. Ils n'ont pas eu de difficulté à les livrer et les ont raconté avec beaucoup de plaisir. Au départ, ils ne savaient pas faire la différence entre les moments où ils étaient oppresseurs et les moments où ils étaient opprimés. Leurs récits et leur manière de se positionner dans ces récits montraient bien leur difficulté à gérer leur rapport à la loi et à l'interdit. Ainsi, leurs premières histoires les montraient ne sachant pas faire la part des choses entre ce qui est légitime et ce qui ne l'est pas. Notre travail a consisté à les aider à y voir plus clair et à chercher quels comportements seraient adaptés dans les différentes situations qu'ils nous ont amenées. Petit à petit, les situations qu'ils ont amenées sont devenues plus claires du point de vue opprimé-oppresseur et ils se sont mis à raconter des situations dans lesquelles ils étaient vraiment opprimés avec une vraie demande des protagonistes de trouver des pistes de solution. Le contenu de l'atelier est alors devenu très intéressant, les enfants apprenant à ne pas se juger les uns les autres et à moins s'insulter et se frapper même si nous n'avons pas réussi à leur apprendre à s'écouter vraiment les uns les autres et à ne pas rejeter la faute sur l'autre quand nous recadrions le groupe, à cesser de vouloir prendre tout l'espace de l'atelier au détriment de celui des autres. .

Leurs histoires disaient ce qui se passe pour eux dans leur quartier, dans l'école, entre eux et avec les plus grands. Nous n'avons pas eu d'histoires dans leur famille. Nous sentions bien qu'ils en avaient mais ils n'ont pas souhaité les livrer dans le groupe et nous avons respecté leur silence sur ce point.

Bilan :

Au bilan, les enfants ont exprimé leur intérêt. Ils comprenaient pourquoi ils étaient là et qu'ils avaient besoin de faire ce travail sur leur comportement vis à vis des enfants et des adultes. Ils ont dit que le travail avait été intéressant car il leur avait permis de s'exprimer, de trouver quel comportement différent ils pouvaient adopter et qu'il leur avait permis de considérer l'autre. FIN

CR n°5
Atelier au Théâtre de Chelles 2006/2007

Partenaires : Cet atelier est commandité par le Théâtre de Chelles, en partenariat avec le centre social de la CAF et le CADA, dispersé depuis deux ans sur toute la région. Il a été animé par Matthieu Suire et Marie-France Duflot.

Où et quand ? Cet atelier a eu lieu le vendredi de 14h à 17 heures, au théâtre de Chelles. Il y a eu 21 séances, avec un spectacle le 9 mars au Théâtre de Chelles puis un deuxième le 18 mai pour RESF.

Participants :
-  le noyau du groupe, c'est à dire 4 personnes travaillent depuis 4 ans dans cet atelier,
-  1 personne est arrivée par la CAF cette année.
-  3 personnes du CADA viennent depuis deux ans de manière très épisodique,
-  4 personnes étrangères, parlant très peu le français sont venues une fois.
-  2 personnes sont venues d'autres communes, connaissant le travail de NAJE et voulant s'y former.
-  1 personne vient de l'Oise depuis deux ans parce qu'elle le demande.
-  1 personne qui avait participé les années précédentes nous a rejoints deux séances avant de jouer et nous avons joué son histoire, à savoir l'expulsion de France de son mari.

Ce groupe est très motivé, enfin le noyau dur, car les autres sont trop empêchées par les soins et par les recherches diverses, logement, papier, emploi pour participer activement et pleinement à cet atelier. Nous avons donc décidé d'arrêter l'atelier après le premier spectacle à cause du manque de personnes et du renouvellement dans le groupe.

Le travail de l'atelier :

Nous avions comme thème cette année la précarité, mais comme c'était la deuxième année et que le groupe était restreint, nous sommes partis des histoires d'amour, ainsi nous avons fait des images sur les rêves d'amour et la réalité. Une personne a donc raconté son mariage avec un homme venant de l'étranger et qui ne l'a épousée que pour les papiers. Une autre ne pouvant voir son rêve d'enfant m'a livré une histoire terrible de son intimité, qu'elle n'avait jamais raconté depuis 40 ans, qu'il faudra bien jouer un jour.

Ensuite nous avons fait des images sur pourquoi on vient en France et une personne a raconté son calvaire en RDC et son arrivée en France. Ensuite nous sommes repartis sur les « sans papier » et nous avons eu deux histoires sur le travail au noir, puis sur le travail très précarisé.

Enfin à la toute dernière minute et avec le courage du groupe nous avons monté l'expulsion.

Le spectacle :

Notre spectacle s'appelle : « Tu rêves ou quoi ? » . Nous avons joué devant 90 personnes, dont une partie de militants de RESF qui avaient installé une table pour des informations sur leur association et leurs actions. Les partenaires ont fait un travail d'information et les personnes accueillies au CADA, les personnes fréquentant la CAF étaient présentes. Les amis, les connaissances, les habitués de notre travail étaient présents, puisque ce groupe sur Chelles a joué 9 fois en 4 ans. Il commence à avoir un public. Le débat a été très fort et Matthieu et les oppresseurs ont eu fort à faire face aux propositions des spectateurs.

Bilan :

Nous aurons un bilan début juillet avec le groupe, et nous relançons d'ors et déjà l'information pour qu'un nouveau groupe démarre à la rentrée 2007, avec l'accord du directeur du théâtre de Chelles.

Ces personnes en grande difficulté ont fait de grands progrès sur scène. Elles ont appris aussi la confiance, la solidarité, le besoin des autres. Elles s'investissent ailleurs dans des actions de solidarité, école, bibliothèque, RESF... FIN

CR n°6
L'écume du jour adultes
Suivi de l'Ecume du jour jeunes

1/ COMPTE RENDU ATELIER ADULTES DE BEAUVAIS 2006-2007

Partenaires : L'Ecume du Jour, bistrot d'échanges de savoirs, a mis en place cet atelier avec l'aide et les financements de la mairie de Beauvais.

Ou et quand ? L'Atelier s'est déroulé à l'écume du Jour, dans la salle d'expositions, 16 mercredis de 18h30 à 21h du 10 janvier 2007 au 24 mai.

Les participants :

Pour faire connaître cet outil, L'écume du jour a fait venir la compagnie NAJE qui a joué au Cinespace, le 28 septembre, le soir devant 250 personnes. Pour favoriser la venue d'adultes à cet atelier, 3 ateliers le soir en novembre et décembre 2006 ont été organisés. Nous avons eu une grande fréquentation, pendant cette phase, jusqu'à 22 personnes.

Malgré 2 arrivées tardives et 3 départs, le groupe s'est constitué rapidement : 2 hommes, 10 femmes, Ages : de 24 à 55 ans, Situation sociale : 5 personnes ayant un emploi régulier (alphabétisation, éducatrice, graphiste...), les autres sur des emplois aménagés et très précaires (Emmaüs, serveuse dans un bar, deux d'entre elles à l'écume du jour) une personne avec le RMI, 3 personnes en formation : CAP de cuisine dont un jeune d'un foyer.

Au total, 12 personnes très dynamiques, porteuses du projet et déjà familiarisé avec des pratiques solidaires, puisque fréquentant le Bistrot d'Echanges de Savoirs.

La vie du groupe : Le groupe s'est constitué très rapidement. Certaines se connaissaient par ailleurs, d'autres ont été rapidement intégrées. Les histoires confiées étaient tellement intimes que cela a avivé la solidarité entre les personnes. Il a fallu par fois redire la règle de non-jugement car ce sont pour la plupart des personnes en grande difficulté personnelle et qui se sont construits des carapaces pour moins souffrir. L'écoute dans ce groupe a finalement été exceptionnelle, chacun en empathie avec les histoires des autres. Toutes mes propositions étaient accueillies avec enthousiasme et jubilation. Je me suis sentie portée par ce groupe ; ils m'offraient toute leur confiance. C'était un groupe très prolixe. A chaque fois que j'annonçais qu'on allait enfin choisir les histoires pour le spectacle, une personne prenait la parole et nous faisait encore un récit de vie qu'on devait improviser et faire forum pour trouver des aides et des pistes de réflexion. Mais c'est cela avant tout notre travail.

Le travail de l'atelier :

Je commence un atelier par des jeux. Et ces adultes adoraient ça. C'était un vrai plaisir de les voir retrouver le plaisir enfantin et de se confronter à des situations inédites : les aveugles, la bouteille saoule, les bandes rivales... Une femme a mis longtemps avant de ne plus rire lors des exercices. Elle a compris qu'elle avait besoin de sa concentration et de ne pas rire pour elle et pour les autres. Ses progrès ont été immenses.

Chaque atelier finit par un « ça va ? ça va pas ? », petit bilan personnel, devenu rituel et tout de suite investi.

Nous avons abordé les thèmes suivants : la violence conjugale, l'infidélité dans le couple, l'amour éconduit, la rumeur, la relation aux parents, l'éducation des enfants, la maltraitance, la justice, le rôle des éducateurs dans une famille, les conseils municipaux, le harcèlement des institutions sur les plus précaires, la mort d'un proche, la violence policière, la disparition des sans papiers. Sur tous ces sujets, nous avons fait forum. Nous avons aussi joué des moments de bonheur, de reconnaissance.

Après ce long temps de récits et de forum, nous avons enfin choisi ensemble 4 histoires, représentant les différents thèmes abordés : la violence dans le couple et ce qu'en vivent les enfants, la violence policière, la violence de l'institution judiciaire, Nous nous sommes mis d'accord sur le titre de notre spectacle : « Le monde allant vers... » Lorsque j'ai apporté les scènes écrites, les personnes ont été prises d'angoisse : comment pouvait-on apprendre par coeur ? Comment être en émotion dans une répétition ? Nous n'avions plus que 4 séances. J'ai senti de l'inquiétude. Lors des répétitions, certaines me regardaient ou coupaient la scène : « Alors ça va ? Je l'ai bien fait ? » et puis après avoir été rassurées, elles ont mis leur énergie et leur sympathie pour que le projet soit réussi. La veille de jouer, Matthieu Suire, comédien à la Cie NAJE, nous a rejoints pour prendre certains rôles d'oppresseurs, difficiles à porter en forum. Nous avons répété dans le théâtre de Beauvais et nous avons retravaillé les pistes de forum. Le lendemain à 18 heures, nous nous y sommes retrouvés pour faire un dernier filage avant le spectacle de 19h45. Nous avions pu le 7 mars travailler une première fois dans le théâtre, pour voir l'espace, la place de la voix. Ce fut une soirée apaisante et angoissante à la fois. Cette grande salle de 700 places, nous a fait un peu peur et nous a donnés l'énergie pour la maîtriser.

Le spectacle :

Nous avons joué « Le monde allant vers... » à 19h45 au théâtre de Beauvais, devant 150 personnes. C'était un tout public très populaire dont une partie avait déjà vu le théâtre-forum du 28 septembre et celui du 27 avril que la cie NAJE était venue jouer pour les dix ans de l'Ecume du jour. Le spectacle a duré 2H 10, sans fatigue et une belle énergie du public. Lors de la fouille policière, alors qu'il y avait un spectateur en train de faire une intervention, j'ai senti un mouvement très doux du public. Une vingtaine de personnes ont envahi le plateau, tranquillement et forçant les policiers à renoncer à la fouille et à s'en aller. Ce fut très émouvant, la force du collectif. Les interventions se sont succédées à toute vitesse, le public étant porté et plein de propositions toutes différentes. Les 4 scènes, histoires difficiles et douloureuses ont même permis de rire. Des spectateurs ont fait des propositions originales comme ce jeune adulte qui vient voir les policiers en participant complètement à ce qu'ils demandent en riant et en acceptant tout, ou touchantes comme ce jeune de l'atelier de l'après-midi qui est venu voir le juge en disant simplement : « Je ne veux pas que vous placier mes enfants. » alors qu'il est lui-même un jeune placé hors de sa famille.

Et après ? Après le départ des spectateurs, nous avons convenu de faire un bilan le 20 juin avec ce groupe et l'équipe de l'écume du jour. Nous imaginons déjà des perspectives pour l'année prochaine.

2/ COMPTE RENDU ATELIER JEUNES DE BEAUVAIS 2006-2007

Partenaires : l'Ecume du Jour, bistrot d'échanges de savoirs, a mis en place cet atelier avec l'aide et les financements de la PJJ et de la mairie de Beauvais.

Où et quand ? L'Atelier s'est déroulé à l'écume du Jour , dans la salle d'expositions, 14 mercredis de 15h à 18 h du 10 janvier 2007 au 24 mai.

Les participants : Pour faire connaître cet outil, L'écume du jour a fait venir la compagnie NAJE qui a joué au Cinéspace, le 28 septembre, l'après-midi devant des jeunes de la PJJ, des classes de collège et de lycée, des femmes venues avec une association d'insertion... Pour sensibiliser les jeunes et favoriser leur venue à cet atelier, 3 ateliers l'après-midi en novembre et décembre 2006 ont été organisé. Ensuite les jeunes ont formé le groupe.

Ce groupe était composé, de 2 frères de 9 et 11 ans, d'1 jeune de collège, de 5 jeunes de 14,15 ans d'une maison d'enfants, des 2 éducateurs qui les accompagnaient,de 2 jeunes adultes de l'Ecume du jour : au total, 12 personnes. Un des éducateurs étaient d'origine maghrébine.

3 personnes ont commencé l'atelier et ne sont pas restées : Une jeune adulte de l'Ecume qui a trouvé du travail, une jeune d'un foyer d'éducation fermé, un jeune de la maison d'enfants. Pendant la période de sensibilisation, il a eu peu d'essais, 3 personnes ne sont venues qu'une fois.

La vie du groupe : Le groupe a mis du temps à se constituer pour plusieurs raisons :
les 2 enfants ont été souvent absents parce que certains mercredis, ils avaient école.
les jeunes de la maison formaient déjà un groupe avec ses propres tensions,
la présence des éducateurs n'a pas facilité, au départ, la mise en confiance
la différence d'âge entre les jeunes et les jeunes adultes Malgré cela ou peut-être grâce à cela, le groupe est devenu solidaire mais petit à petit. En fin de travail et lors du spectacle, il a montré une capacité à gérer et sa vie de groupe, relations, petits conflits et le forum.

Le travail de l'atelier :

Comme toujours, je commence un atelier par des jeux. Il a fallu moduler, avec les adultes qui aimaient ça et qui comprenaient l'intérêt des jeux et les jeunes qui avaient l'impression de régresser lors des jeux qu'ils n'effectuaient qu'à contre-coeur. Chaque atelier finit par un « ça va ? ça va pas ? », petit bilan personnel, devenu rituel et peu à peu investi.

Les histoires mises en travail : Les jeunes ont raconté des histoires de collège, d'humiliation de professeur, de défense d'un handicapé, de bagarre, de pression du groupe, de vexation verbales, des situations où ils étaient pratiquement toujours soit témoins, soit héros. Ils n'ont pu raconter leurs histoires plus intimes, soit parce qu'ils vivent ailleurs ensemble en internat, soit parce que leur histoire est trop lourde et qu'ils en ont honte. Les enfants se sont plus confiés, et ont raconté des histoires de maltraitance familiale. Les adultes aussi se sont livrés : histoire de discrimination, d'insultes, de boulimie, de tournante, de honte à être jeune de foyer.

Comme les adultes ont raconté des histoires très intimes, les jeunes n'ont plus eu l'attitude de jeunes avec des éducateurs ou animateurs. Ils les ont regardés comme des personnes venues là pour elles-mêmes, d'abord. Le fait de jouer les histoires des adultes, les a posés comme aide et non comme victime. Sans doute cela les a aidés à grandir, car ces jeunes ont des histoires où ils sont des victimes. De faire forum entre nous, les a informés aussi des difficultés à être jeune et adulte, des solutions pour ne pas subir, les grandes lois qui régissent l'humanité, les interdits, les droits...

Nous avons choisi ensemble 5 histoires, représentant les différents thèmes abordés : discrimination en stage, violence au collège, exclusion, relation garçon-fille, être jeune de foyer. Nous nous sommes mis d'accord sur le titre de notre spectacle : « Ouvre-la ! »

Dès que j'ai écrit les textes à partir des improvisations faites, surtout les jeunes ont été soulagés. Enfin cela ressemblait à ce qu'ils imaginaient du théâtre : des textes à la main, des lectures, des déplacements, des répétitions. Les dernières séances ont avancé au gré de leurs humeurs, mais chaque séance a permis de voir se profiler la réussite du spectacle. A la fois cette peur qui monte, ce plaisir à jouer et sentir qu'on va y arriver. Nous avons ces derniers moments effectués un travail de comédiens, moi les dirigeant et eux apprenant la rigueur du jeu et de la répétition.

La veille de jouer , Matthieu Suire, comédien à la Cie NAJE, nous a rejoints pour prendre certains rôles d'oppresseurs, difficiles à porter en forum. Le groupe l'a rapidement adopté et cela les a soulagés. Nous avons répété dans le théâtre de Beauvais où nous nous somme retrouvés le lendemain à 10 heures pour faire un dernier filage, et un pique nique avant le spectacle de 13h45.

Le spectacle :

Nous avons joué « Ouvrez-la ! » à 13h45 au théâtre de Beauvais, devant 80 personnes. Les classes de 3ème n'ont pu venir car c'était le Brevet blanc. Des jeunes d'un centre d'éducation fermé, du public de l'Ecume, des jeunes de la maison d'enfants, des anciens, bref un tout public. J'avais préparé ce spectacle en pensant à un public de scolaire. J'ai eu assez peur car nos scènes concernaient vraiment les jeunes et je ne voyais pas comment des adultes pourraient intervenir. En tant que joker, j'ai donc proposé aussi à des adultes de venir accompagner les jeunes, ou d'agir en tant qu' adulte. Nos cinq scènes ont eu un beau succès :
Un marchand de tabac insulte des enfants de « foyer » parce qu'ils ont abîmé sa vitrine.
Une jeune fille se fait moquer par ceux de sa classe car elle est « grosse », mal habillée et qu'elle n'est pas aimable.
Des jeunes au collège viennent se moquer d'un jeune handicapé, celui qui prend sa défense est pris à parti.
Un jeune d'origine maghrébine se voit refuser un stage alors qu'une copine de sa classe l'obtient après son passage.
Une jeune fille se fait tourner par des plus âgés. Il y a eu 4 à 5 interventions sur chacune des scènes, des jeunes venant argumenter avec des notions de droits, d'autres discutant pied à pied avec les adultes sans se départir de grand calme. Le groupe a bien réagi en forum et ont joué avec leurs émotions. Le spectacle a duré 1h40.

Le bilan :

Après le départ des spectateurs, nous avons fait un bilan rapide du travail. Les jeunes qui souvent étaient froids et distants lors des « ça va ? ça va pas ? » des fins d'ateliers, ont un peu lâché des mots doux : Certains voulaient recommencer l'année prochaine, malgré leur ennui, ils avaient beaucoup appris et apprécié. Les jeunes adultes, eux ont été dithyrambiques : C'était formidable, ils avaient beaucoup avancé... Ils voulaient continuer. Nous aurons un bilan le 20 juin avec l'équipe de l'écume du jour. Nous imaginons déjà des perspectives pour l'année prochaine. FIN

CR N°7
Stage de création à Orthez avec l'APHAM du 9 au 13 février 2007

1- Généralités L'atelier a été commandé par le président de l'APHAM, une association qui gère une maison d'accueil de personnes handicapées.

2- L'atelier L'atelier s'est tenu dans une salle polyvalente d'une association de loisirs para-municipale, située à l'opposé de la maison d'accueil, par rapport au centre d'Orthez, pour noter que les personnes handicapées nous y rejoignaient, ou qu'on les accompagnait chaque jour. Les soins ayant lieu le matin, nous avons adopté la manière suivante de travailler : 2 groupes qui venaient alternativement à 14 h ou à 16h. Nous travaillions 2 heures chaque jour, ce qui est déjà un grand effort pour ces personnes à forte contrainte physique. Sur les 15 personnes qui habitent dans cette maison, 12 ont participé tous les jours, 1 personne, n'ayant pas encore de place est venue aussi tous les jours, 1 personne est venue une fois et a abandonné car cela était trop remuant pour elle, 2 ont fait le choix, avant notre venue, de ne pas participer, l'une d'entre elle étant fortement handicapée psychiquement. Elles avaient entre trente et cinquante cinq ans, 4 femmes et 8 hommes. 5 personnes travaillant dans cette maison ont participé, 2 ont fait le parcours en entier, 2 sont venues en intermittence et n'ont pas participé au spectacle, le directeur a participé dès le 3ème jour. Deux femmes et trois hommes de 25 à 45 ans. Une femme du CA, récemment à la retraite, a fait l'atelier dans son entier . 4 jeunes de 17 ans de la 1ere-théâtre du lycée d'Orthez ont intégré le groupe aux deux dernières séances et ont joué dans le spectacle. Nous avons organisé, avec leur professeur, une sensibilisation de 3 heures au théâtre-forum, à ces jeunes dans la salle de cours de cette section.

L'atelier a fait suite à la représentation de « Ma place tu la veux ? » joué au théâtre d'Orthez devant deux cents personnes, les résidents, leurs amis et leurs familles et, les lycéens (car ils jouaient en première partie), leurs amis et leurs familles, des personnalités de la ville et de la communauté de communes, des habitants, le personnel, leurs amis et leurs familles...

La vie des deux groupes Malgré les soins, les difficultés de déplacement (que nous avons pu approcher en circulant avec eux dans la ville), les personnes handicapées ont été très assidues. Certaines même venant une ou deux heures à l'avance, par crainte d'oublier l'heure. Certaines de ces personnes ont des difficultés de repérage dans le temps. Elles ont investi toutes nos propositions, avec attention, ténacité et désir de bien faire. Elles ont compris que l'outil allait changer non seulement leur semaine mais aussi leurs rapports avec l'institution et les autres personnes. Nous avons adapté les jeux en fonction de leurs handicaps, et finalement nous n'étions pas mécontents d'essayer, de tâtonner, de leur demander et d'adapter les jeux avec eux. Les personnes non handicapées ont d'abord pris le parti d'être au service de... plutôt que d'être dans l'atelier au même titre. Puis peu à peu chacun a pris une place à la fois aidante, soutien de parole, et en même temps de personne qui peut aussi avoir une histoire à raconter, des difficultés. Rapidement on se rend compte que déjà entre personnes handicapées, il y a des aides multiples. Celui qui sait comment calmer la jambe de celui-là, comment aider à déplacer Carmen, ce que dit Jacques, comment relever la voiture de Jean-François... Les histoires racontées ressemblaient beaucoup à celles du spectacle : des histoires du quotidien surtout face à des personnes étrangères à leur univers. Nous avons creusé pour avoir des histoires plus douloureuses, et Jean a raconté son accident qui a sectionné ses deux bras, sa souffrance, les vexations du médecin... Les autres personnes ne peuvent raconter des histoires qui sont des traumatismes de la petite enfance. Elles ne peuvent non plus raconter des conflits avec l'entourage parce qu'elles se sentent toujours de trop et humiliées d'être dans un état de grande dépendance. C'est pourquoi nous avons choisi le titre du spectacle : « Excusez-moi ! »

Les histoires choisies : La paille : lors d'une fête, une petite fille voit un monsieur boire avec une paille. Elle demande pourquoi à son père qui lui répond : « parce que... ça lui fait plaisir » alors que ce monsieur n'a pas de bras. Dans le train : Dans le train, deux adultes vont vers des personnes handicapées et leur demandent de faire moins de bruit, alors que d'autres jeunes à côté font autant de bruit. Les personnes handicapées s'excusent. A la caisse : Dans un supermarché, des personnes dépassent une personne en fauteuil. Elle n'ose rien dire. Le cours de théâtre : L'animateur ne veut pas de personne handicapée à son cours. Elle ne fera rien pour l'intégrer. Trop de médicaments : Le médecin n'écoute pas la souffrance de la personne handicapée et n'a de réponse que médicamenteuse. L'éducateur essaie d'en parler au médecin, mais celui-ci n'entend pas. La poche : A l'hôpital, une personne en fauteuil appelle plusieurs fois l'infirmier car il veut aller aux toilettes. Celui-ci arrive trop tard et dispute la personne qui n'a pas pu se retenir. La colère : Il est dans un centre de rééducation, les bras sectionnés, c'est déjà très difficile à vivre. Il attend désespérément des prothèses. Il n'en peut plus et va voir le médecin, qui lui dit qu'il n'a qu'à attendre parce qu'on est au mois d'août. Nous avons ajouté une séance pour répéter, tous ensemble et intégrer quatre filles du lycée.

3- Le spectacle Le spectacle « Excusez-moi ! » a eu lieu dans la salle où nous avions joué devant 85 personnes, les familles, les amis, le personnel, la plupart ayant vu « Ma place, tu la veux ? » mais pas tous. Nous avons joué 5 histoires parlant du quotidien des personnes handicapées, le regard des autres, les difficultés d'intégration, la négligence et même l'exclusion. De nombreuses interventions en forum et aussi de la part des personnes handicapées, alors que nous avions déjà fait forum pendant le travail. Comme si il fallait redire et redire les cris, les colères, surtout devant des personnes valides. Comme lors du spectacle « Ma place tu la veux ? », le 8 février, où il y eu un défilé de personnes handicapées avec plein de propositions, pour toutes les situations que nous montrions. Après le spectacle, autour du pot, le public était enthousiaste. Certains parents et du personnel étaient étonnés de la capacité à jouer, tenir un rôle des personnes handicapées.

Le lendemain matin, nous avons fait un bilan, où chacun était heureux. Heureux d'avoir pu participé à un projet où on se montre, heureux d'avoir partagé les difficultés de chacun, heureux de crier la colère, heureux de prendre une autre place. Car pour les personnes travaillant dans la maison et pour les membres du CA, le but de notre travail était d'aider les personnes handicapées à se confier. Cela est réussi, mais il a eu un autre effet. Le rapport entre eux a changé. Ces personnes, elles ont changé de place. Elles sont d'abord des personnes, elles ne sont plus seulement celles qu'on aide. Elles peuvent faire avancer chacun, elles peuvent inventer, faire des propositions. Nous avons, Moustapha et moi-même été bouleversés par la rencontre avec ces personnes et avec cette maison. D'abord parce que le personnel s'est mis entièrement à notre disposition, qu'il avait préparé notre venue, que notre venue a été au-delà de ce qu'il avait prévu et que cela il l'a accueilli avec étonnement et bienveillance. Les personnes du CA et notamment son président savaient bien pourquoi nous venions, mais ils ne s'attendaient pas à ce que cela transforme à ce point les personnes handicapées, qui ont révélé là des compétences et aussi le regard des personnes valides sur elles. Et puis nous avons été bouleversés par la confiance que nous faisaient les personnes handicapées. Nous avons mesuré combien leur dépendance les empêche de dire leur souffrance et leur mal-être. Comment se plaindre de vivre alors que tout autour on s'emploie à vous faire vivre ? Il faudrait continuer ce travail amorcé, mais nous savons que le fruit du travail déjà fait va être dégusté longtemps dans cette maison-là et va les faire rebondir. Peut-être reprendre ce spectacle et le jouer dans les environs, dans les villages.

CR n°8
Antenne parents de l'asso Léa à Montreuil

Partenaires : L'association Léa, L'association LUDOLEO et NAJE

Où et quand ? L'atelier s'est déroulé au centre de Quartier Branly les vendredis de 17 à 19h de janvier à juin hors vacances scolaires. Deux représentations ont été données par cet atelier : le 15 juin au centre Social des Ramenas pour 70 spectateurs le 28 juin au Collège Paul Bert pour 70 spectateurs

Les participants : 6 adultes et 6 jeunes dont une mère et ses trois enfants et une mère et sa fille. Parmi les adultes, deux responsables de Léa (Fatima et Fella) et la responsable de Ludoléo (Djamila), deux femmes et un homme. Parmi les enfants, 4 étaient donc avec leur mère, une était noire et l'autre d'origine maghrébine. Leur âge allait de 11 à 16 ans. Tous les participants se connaissaient déjà et fréquentaient les structures. La majorité du groupe était féminine : il y avait seulement un adulte homme et un enfant garçon.

Le travail de l'atelier :

A chaque séance, des jeux et des exercices ont été proposés. Puis les participants ont fait des récits. Toutes les histoires ont été jouées et mises en forum. Nous avons aussi fait beaucoup d'échanges de rôles, y compris entre les adultes et les enfants d'une part pour les faire travailler le jeu d'acteur et d'autre part parce que les enfants en avaient exprimé fortement le désir. Ce travail de changement de rôles a été une partie importante du travail de l'atelier, permettant à chacun de prendre tour à tour tous les personnages d'une même situation.

Les histoires ont été centrées sur ce qui se passait dans la famille. Cela a provoqué beaucoup de joie et de bonne humeur car les mères des enfants présents mettaient en scène ce qui se passait avec eux alors que leurs enfants mettaient de leur coté en scène leur mère. Il y a aussi eu des histoires sur trois situations à l'école racontées par deux enfants et une maman, une situation de discrimination raciale dans le bus vécue par une adulte, une situation concernant la relation locataire-propriétaire, une situation de discrimination touchant le poids vécue par une enfant, une situation concernant des parents séparés avec l'enfant en difficulté racontée par un adulte (cette situation très dure a beaucoup touché le groupe mais n'a pas été jouée publiquement).

La vie du groupe : Dans le groupe lui même, il y avait une très bonne ambiance. Nous avons beaucoup ri ensemble, certaines adultes et certains enfants s'amusant beaucoup. Il faut néanmoins noter que nous avons eu deux incidents à l'extérieur impliquant des participants qui ont pesé sur les présences absence de certains participants qui ont failli cesser l'atelier mais l'ont finalement repris.

LES SEQUENCES JOUEES LORS DES DEUX SPECTACLES

T'es grosse : Une enfant de 14 ans se fait traiter de grosse par ses camarades à l'école. Elle finit par le dire à sa mère qui banalise la situation. Au début, elle ne répond rien à ses camarades puis elle finit par être violente.

Le bus : Dans le bus, un homme demande au conducteur où va le bus. Le conducteur lui donne la destination. Le voyageur dit alors « je croyais qu'il allait en Afrique ». les autres voyageurs ne disent rien sauf une qui ronchonne doucement.

L'ordinateur : Une enfant (dont là mère est dans l'atelier) raconte que les enfants se disputaient beaucoup pour avoir l'ordinateur, que sa mère à établi des règles mais que ces règles ne lui ont pas permis d'avoir son temps imparti devant l'ordinateur car chaque fois qu'elle s'y installe à son tour, sa mère appelle pour le repas.

Le réveil difficile : Une mère de famille est en difficulté pour réveiller sa fille le matin pour aller à l'école. Elle est tous les jours en retard à son travail et sa fille en retard à l'école.

L'école : dans la classe de 6ème, les enfants font le bazar dans la classe ; le professeur n'en peut plus et abandonne souvent. L'enfant qui relate cette situation est très gêné de ne pas pouvoir travailler.

Les deux spectacles : Ils ont eu 70 spectateurs à chaque fois qui ont été réunis par l'association Léa et par les participants du groupe. Il y a eu des enfants et des adultes. Un public très mélangé qui a beaucoup fait forum sur chacune des scènes présentées.

Bilan : Nous avons le sentiment d'avoir fait un bon travail de théâtre-forum dans un groupe très participatif. Les protagonistes des récits étaient très demandeurs de pistes de solutions pour résoudre leur situation difficile et semblent avoir effectivement trouvé des pistes. D'autre part, le mélange enfants-adultes nous a paru très intéressant et la présence de deux familles travaillant entre mère et enfants et avec d'autres leurs propres fonctionnements aussi. Nous notons que la présence des référents a beaucoup participé au fait que le groupe tienne entier jusqu'au bout pour que les histoires qui se passaient à l'extérieur entre les participants, ne perturbent pas trop le groupe. FIN

CR 8 BIS
Antenne jeunes de l'asso. LEA Montreuil

Partenaire : Association LEA L'objectif : Travailler sur les représentations négatives réciproques entre jeunes, institutions ainsi qu'intergénérationnelles. Où et Quand : L'atelier se déroulait dans une salle prêtée par la mairie à l'antenne municipal Gaston Lauriau (centre ville), tous les mercredis de 18h30 à 20h30, hors période scolaire, ce qui représente 13 séances d'atelier. Il a démarré en mars et s'est terminé en Juin. Les participants : 15 personnes sont venues découvrir une séance d'atelier de théâtre forum, 10 personnes ont continué le projet jusqu'au bout et une autre qui est arrivé sur les trois dernières séances. Le groupe était composé :
-  4 filles de 10 à13 ans
-  6 femmes de + de 25ans
-  1 garçon de 18 ans Au début, nous avions un groupe mais pas de jeunes de 16 à 25 ans. L'association accueille des jeunes de cette tranche d'âge là, beaucoup de difficultés pour les mobiliser, un premier jeune de 20 ans est venu sur la 5ème séance, mais n'est pas revenu, pas du fait que cela ne lui plaisait pas, mais plus par rapport au regard de ces copains. C'est à la 10éme séance qu'un jeune de 18 ans a accepté de s'engager jusqu'au spectacle. L'atelier : Le groupe était très dynamique. Ce temps de l'atelier était un moment très important pour elles, c'était une bouffée d'oxygène. Elles aimaient les exercices qui bougeait et voulait très vite construire les scènes et faire forum. Elles étaient très assidues. Nos deux plus jeunes étaient très timides sur scène, mais au fur et à mesure des séances, une nette progression s'est produite. Le jeune qui nous a rejoints, a pris le travail très au sérieux, a appris ses rôles et a intégré très rapidement le fonctionnement du forum. Par contre la dernière séance, il n'est pas venu. Nous pensions que nous n'allions plus le revoir et le jour du spectacle, il est revenu pour le faire. Après réflexion, nous avons décidé de le faire participer au spectacle, mais avant tout de le faire répéter. Les scènes du spectacle : Le hall d'immeuble : Des jeunes s'installent dans le hall et discutent, sauf qu'une habitante arrive et souhaite passer en montrant son ras le bol des jeunes installés dans le hall, sans leur parler. Comment faire pour que jeunes et habitants plus âgées puissent se parler ? L'enfant placé : Son père les avait confié à sa sœur, mais comme il a tardé pour venir les rechercher Sa sœur les a mis à la DDASS, et les professionnels ont passé leur temps à analyser leurs dessins, et à interpréter leurs paroles, pour mettre à défaut mon père. Comment lutter quand on est enfant contre les préjugés des professionnels ? Le chant forcé : Ma sœur venant du Sénégal pour me rendre visite, je décide de l'emmener se balader et faire quelques courses. Sur le retour, à la sortie du métro, un groupe de policiers dont un avec un chien nous arrête, je me dis contrôle de papiers, même pas, il s'adresse à moi et me somme de chanter d'un ton très menaçant, un des policiers se retire un peu plus loin : « j'entends le loup, le renard et la belette…. ». L'humiliation fut totale, depuis ma sœur ne veut plus revenir en France. Comment lutter contre l'abus de pouvoir ? La belle mère : La belle mère vient passer des vacances dans la famille de son fils, sa femme avait tout préparé pour lui permettre de passer un bon séjour (frigidaire dans la chambre, la préparation de plats qu'elle préférait,…), mais les plats cuisinés ne l'ont pas satisfaite et a fini en esclandre devant ses petits enfants prétextant que son fils avait maigri parce qu'elle ne s'en occupait pas bien. Comment arriver à éviter cet esclandre ? Le départ : Un père âgée et à la retraite décide de repartir au pays en emmenant sa femme, mais sa femme ne veut pas partir car sa fille travaille et elle veut continuer à garder ses petits enfants. Une des filles est présente lors de la discussion et se prononce en faveur de son père, sa mère doit aller avec son père. L'autre fille arrive plus tard et entends tout cela, elle demande à sa mère sa position qui lui répond, je ne partirais pas. Cela a fini par le divorce des parents. Comment arriver à trouver une solution qui convient aux deux ? A l'école : Dans la cour, deux de mes copines viennent me voir en me disant que je l'ai traité, j'ai beau expliqué que c'est faux, ils me croient pas, la grande sœur s'en mêle et la situation s'aggrave. Comment faire taire une rumeur ?

Le spectacle s'est déroulé le vendredi 29 juin à 20h dans la salle Pablo Picasso au cœur de la cité, nous avons eu 65 spectateurs dont : Une dizaine de jeunes qui sont venu faire forum Le financeur des deux ateliers qui a été très impressionné par la facilité de certains jeunes à monter sur scène et à construire de l'argumentation Les habitants de la cité

La soirée s'est terminée autour d'un buffet que les habitants avaient préparé

CR N°9
L'atelier femmes de Villiers le Beli

PARTENAIRES : La ville de Villiers le Bel et la Maison de Quartier BORIS VIAN ont été les partenaires de cet atelier. Il a été animé par Clara Guenoun, Emy Levy et Farida Aouissi.

OÙ ET QUAND ? Cet atelier a débuté le 12 janvier 2007 pour finir le 26 juin 2007 à la Maison de Quartier Boris Vian à Villiers le Bel. En effet, la responsable du pôle adulte, Soraya, avait fait un travail de sensibilisation auprès de Marie Christine, formatrice du cours d'alphabétisation pour qu'elle-même sensibilise ses stagiaires afin qu'elles participent à l'atelier théâtre. Nous avions fait le choix d'organiser cet atelier chaque vendredi de 14h à 16h, hors vacances scolaires parce que cela coïncidait avec l'horaire du cours d'alphabétisation des participantes. De janvier à février les ateliers se sont donc déroulés chaque vendredi. Puis, nous sommes passées au mardi à partir du 27 mars à la demande des femmes.

LES PARTICIPANTES

L'essentiel des participantes venaient du groupe d'alphabétisation, accompagnées de leur formatrice. Se sont ajoutées cinq femmes fréquentant la Maison de Quartier Boris Vian et trois femmes amenées par une animatrice de la Maison de Quartier Allende.

Chaque vendredi, nous avions un groupe motivé et actif en demande de jeux et d'improvisations et ce malgré la barrière de la langue. Le groupe a tissé des liens grâce à la présence de la formatrice qui a participé à l'atelier durant deux mois. Le cours d'alpha a ensuite changé de formateur (Marie Christine devant changer de lieu de formation) et les participantes ont exprimé le souhait d'assister à leur formation avec le nouveau formateur mais de choisir un autre horaire. Nous avons donc décidé, d'un commun accord avec l'ensemble des femmes, de choisir le mardi comme jour d'atelier de 14h à 16h. Mais un grand nombre de femmes n'était plus au rendez-vous et personne n'a eu d'explication. Il n'est donc plus resté que 5 à 6 femmes à participer à l'atelier pour produire deux spectacles l'un le 29 mai 2007 et l'autre le 26 juin 2007.

LA PRODUCTION DE SPECTACLE

Le 1er spectacle s'est joué à la Maison de Quartier Allende devant une vingtaine de femmes fréquentant ce lieu. Trois scènes ont été présentées :

¸ l'histoire d'une dame avec un foulard à qui l'on refuse un siège lors d'un spectacle de musique classique. ¸ l'histoire d'un couple dont le concubin a des enfants.La problématique est la place de la concubine dans l'éducation des enfants. ¸ l'histoire d'une maman au foyer et les problèmes qu'elle rencontre dans l'éducation de son enfants lorsque le mari rentre du travail fatigué ne voulant pas entendre les plaintes de sa fille.

Le second spectacle a eu lieu à la Maison de Quartier Boris Vian devant une vingtaine de femmes, dont un grand nombre du cours d'alphabétisation, le formateur et la responsable de la Mission Jeunesse : Dominique Brubach. Les scènes suivantes ont été reprises : : ¸ la scène du foulard ¸ la scène de la maman au foyer ¸ et une scène de préfecture (une nouvelle histoire)

BILAN C'est un bilan positif qui se dégage de ce travail avec les femmes de Villiers le Bel et cela malgré les abandons en cours d'année. Des nouvelles de certaines femmes nous sont parvenues. Deux femmes ont trouvé du travail, une autre cherchait activement une formation, une femme a joué le premier spectacle seulement car elle avait de gros problèmes pour son déménagement. La responsable du pôle adulte de la Maison de Quartier souhaite renouveler ce travail l'année prochaine ainsi que les femmes présentes jusqu'au bout de l'atelier.

CR n°10
Atelier 5èmes Collège St Exupery Villiers le Bel

Partenaires : La ville de Villiers le Bel L'infirmière du college Saint exupery

Ou et quand ? Cet atelier a débuté le 22 décembre 2006 pour finir le 20 juin 2007. A raison d'un mercredi par semaine de11h30 à 14h00 hors vacances scolaires (inclus la pause repas préparée par l'infirmière de l'établissement scolaire). Tous les ateliers se sont déroulés à la maison de quartier Jacques Brel (cette dernière avoisine le collège St Exupéry)

Les participants : Toute une classe de 5ème du collège St Exupéry. Le choix de cette classe a été fait par l'infirmière. En effet, cette dernière avait pu constater qu'une certaine violence (physique et verbale) régnait dans cette classe depuis la rentrée scolaire. Il a été décidé que le travail se ferait non pas avec la classe entière mais en deux groupes. Les deux groupes ont été constitués par les élèves eux-mêmes. Le nombre variait de 10 à 12 selon les séances. • Le premier groupe était essentiellement constitué d'élèves dit « primo arrivants ». Ces derniers commençaient juste à maîtriser quelques rudiments de la langue française. Dans ce même groupe se trouvaient deux garçons rejetés par le reste de la classe .Ils subissaient d'autres formes de discriminations dont ils n'ont jamais voulu nous parler. Cependant nous pensons que la religion de l'un et l'apparence de l'autre avaient à voir avec cela. • le second groupe était constitué de jeunes maîtrisant la langue française. • Le travail de l'atelier : L'essentiel des histoires du premier groupe soulevait les problématiques des insultes, les moqueries sur le physique, la mauvaise élocution, les signes extérieurs culturels (point sur le front pour les jeunes indiennes) et sur l'origine (un jeune de confession juive à qui l'on dit : « les juifs ça puent »). Quand au second groupe les histoires concernaient les rapport filles et garçons,entre la police et leurs grands frères, leurs problématiques face au corps enseignant.

La rencontre des deux groupes autour de leur production : Le spectacle a été programmé à la maison de quartier Jacques Brel le 13 juin 2007 de 12h à 14h. Il s'agissait non d'un spectacle ouvert mais d'une rencontre entre les deux groupes. Chaque groupe a fait un choix des scènes qu'il voulait présenter au reste de la classe.

Pour le 1er groupe :

¸ PAKITO : moqueries pour nommer les jeunes d'origine pakistanaise ¸ DOUKSI : moqueries concernant le point sur le front des jeunes indiennes ¸ DENTS DE LAPIN : l'histoire d'une jeune fille très affectée par cette insulte. Elle a insisté pour jouer cette histoire devant la classe. ¸ L'histoire d'une jeune fille menacée par l'ensemble de la classe parce qu 'elle voulait assister au groupe de parole, dirigé par des psychologues, alors que l'ensemble de la classe refusait d'y assister.

Pour le second groupe :

¸ MSN : où la vie amoureuse des jeunes est « déballée » sur un salon virtuel. Notions d'intimités ? ?Quelle position prendre face à cela. ¸ LE GROUPE DE PAROLES : des jeunes filles se sont senties agressées par les psychologues qui animaient ce groupe.

Le 13 juin, jour du spectacle, étaient présents 8 adultes et 12 jeunes, dont le 1er groupe dans son ensemble et seulement 2 élèves du second groupe, des responsables de la ville de Villiers le Bel , Anatole l'éducateur de rue ( qui a intégré l'atelier en cours de route). Nous n'avons pu avoir aucune explication au sujet de l'absence des jeunes du second groupe. Cette dernière remettait en cause la présentation du spectacle. Après concertation, nous avons décidé Mustapha et moi, de jouer le spectacle mais de modifier la partie où intervenait le second groupe en ne présentant que la scène de MSN qui nécessitait que 3 personnages. Mustapha interprétant l'un des personnage.

Notre objectif était de faire rencontrer les deux groupes, avant le spectacle, afin qu'ils puissent mieux se connaître et échanger dans un cadre hors scolaire. L'idée de la rencontre ne pouvait se faire que le jour de la représentation, car leur emploi du temps ne leur permettait pas par ailleurs. La rencontre a néanmoins eu lieu sans que cela ne se soit préparé une fois en cours d'année.

La participation au forum a été très active de la part des jeunes mais aussi des adultes sur les questions d'insultes et de moqueries. Des échanges ont eu lieu dans la salle entre jeunes et adultes concernant la situation des jeunes primo arrivants scolarisés dans leur établissement scolaire.

Le bilan : Le bilan à la fin du spectacle a été très positif de la part des jeunes comme des responsables de la ville de Villiers le Bel. L'élu de la ville a été agréablement surpris par l'évolution des jeunes filles du 1er groupe tant au niveau du jeu et de la prise parole. Pour certains jeunes, ce travail a été bénéfique pour leur développement personnel et ils souhaiteraient renouveler l'expérience. Pour d'autres cet atelier a été un vrai lieu d'échange, de réflexion ; mais le plus important selon eux, c'est que cela se fasse sans jugement, sans reproche et sans morale. Selon eux, c'est ce qui leur manque dans leur quotidien. Pour nous, animateurs de la compagnie, cette année passée avec ce groupe a été très riche au vu de l'attention et la participation des enfants aux jeux et au forum. Le seul regret a été l'absence à cet atelier d'adultes du collège tout au long de cette année. Aucun échange n'a été possible. Certains n'étaient pas au courant de l'existence de l'atelier de théâtre forum. FIN

CR n°11
Le groupe d'habitants et de professionnels de Nantes -

1- Cet atelier est commandité par l'équipe de quartier Malakoff, en partenariat avec Nantes Métropole. L'équipe de quartier a contacté les différentes institutions de ce quartier pourqu'elles mettent à disposition une ou deux personnes pour faire vivre ce projet.

2- Cet atelier a eu lieu pendant 7 jours, les 27, 28 septembre, 10, 11, 19, 24 et 25 octobre, à la salle festive de ce quartier. Le spectacle a eu lieu dans la salle plurivalente de l'école Jean Moulin. Tous les repas du midi étaient livrés par la ville et cela a joué sur la bonne humeur et le climat bienveillant du groupe.

3- Le groupe était constitué de 17 personnes : 2 employés de Nantes habitat, une assistancesociale du conseil général, un éducateur de l'APSFD, une gardienne d'école, une éducatrice de crèche multi-accueil, une animatrice d'Accoord, un jardinier de SEVE, 2 personnes de Nantes métropole, 7 habitants. Un personne n'a pas souhaité revenir le deuxième jour. Il est venu nous trouver le lendemain matin et nous a dit qu'il n'était pas d'accord, que c'était des blas-blas et que cela ne changerait rien à la situation du quartier. Une autre, pour des raisons de santé n'a pas continué le projet. Donc dès la deuxième séance nous étions 15. Une personne n'a pas assisté aux deux dernières séances et a assisté en tant que spectatrice au théâtre-forum, une autre nous a rejoint à l'avant dernière séance. Une employée a dû s'absenter trois fois. Les arrivées et les départs, les absences des uns et des autres est toujours très gênante pour le groupe, sa cohérence et puis matériellement pour la construction des histoires, les personnages qu'on doit remplacer.

4- Notre objectif était de permettre à des habitants et d'agents de terrain de Malakoff d'échanger sur la relation habitants-institutions. Le travail a abouti à la création d'un théâtre-forum et à sa présentation devant un public de professionnels et d'habitants-relais, lors d'une journée organisée par la ville de Nantes. Les participants à ce travail surtout les professionnels, étaient un peu sur leur garde, par peur d'attaquer ou d'être attaqué. Nous avons mis du temps à obtenir des histoires. Le premier jour, elles étaient assez consensuelles, le deux et troisième jour, la confiance dans le groupe aidant, des histoires mettant en cause des institutions représentées dans le groupe ont pu être racontées. Ainsi l'histoire apportée par l'AS : Elle en veut à Nantes habitat de ne pas donner un autre logement dans un autre quartier à une jeune femme qu'elle suit et aide, qui se fait harceler par son ex-mari. En improvisant la scène, et en jouant toutes les démarches qu'elle avait fait avec cette femme, elle s'est rendue compte que dans son impuissance à aider, elle en voulait à Nantes habitat alors que le problème était un problème de justice. Nous avons eu aussi des pressions de la directrice de la crèche qui ne voulait pas que sorte une histoire de son établissement. La jeune employée était très ambivalente, entre obéir à sa responsable et mettre en débat cette histoire violente et desespérée qui lui tenait à coeur. Nous avons tenu bon, changé le lieu où ça se passait, les personnages. Il nous semblait important de jouer grâce à cette histoire, comment les institutions travaillent chacune de leur côté, sans lien entre elles et par le forum de montrer que les liens pouvaient être possibles. Cette histoire aussi posait le problème de l'entrée de la police dans les institutions. La responsable était dans la salle le 24 et n'a pas fait état de ses réticences.

5- Notre spectacle s'appelle : « ça déménage ! » . Nous avons joué devant plus de 100 personnes, des personnes des institutions et des habitants, qui ont participé à une journée sur la découverte du quartier. 6 guides ont fait visité à des groupes hétérogènes, les différentes parties de Malakoff, un appartement, la pataugeoire, le centre de loisirs, l'école, les associations, ont donné des renseignements sur le chauffage, le projet architectural... Après un repas servi à la salle festive. Elles ont été conviées à nous rejoindre à la salle plurivalente à 15h. Le spectacle était composé de 5 scènes :
Au centre de loisirs : Un père d'un enfant au centre de loisirs reçoit un courrier du juge, qui lui écrit qu'on va venir prendre son enfant pendant le centre de loisirs. Cet homme est désespéré et menace la jeune animatrice de tout casser dans le centre de loisirs si ça arrive. Cette scène pose le problème de la police dans les institutions et le non lien entre les institutions.
ça déménage ! Des déménageurs peu scrupuleux, recrutés par les HLM, font des dégâts très importants sur le mobilier d'une habitante.
Les enclavés : Cette histoire raconte la différence entre le beau projet inventé par les architectes et les élus et la non compréhension et la réalité vécue par les habitants. Et entre les deux, il y a les agents de terrain...
C'est quoi ce travail ? Une jeune femme fait des vacations dans une association pour sourds. Par manque de financements, elle n'a plus de contrat. Or, quelque temps plus tard, à l'ANPE, elle voit son profil de poste sur une petite annonce rédigée par cette même association. Comment faire respecter ses droits ?
Le cercle infernal : Une assistante sociale accompagne une jeune femme harcelée par son ex mari au commissariat, à SOS femmes, aux HLM, partout la même impuissance.

La représentation s'est terminée par un pot très convivial. Ensuite toutes les personnes de cette journée étaient conviées au musée où avait lieu, entre autre, un défilé et un buffet organisés par deux associations de Malakoff

CR N°12
L'atelier du 19ème arrondissement de Parisl

L'objectif : Permettre aux habitants de travailler sur leurs histoires et ensemble trouver des pistes de solutions. Permettre de se former à la pratique du théâtre forum. Avoir un lieu permanent de formation et d'accueil de nouvelles personnes qui veulent connaître le théâtre-forum. Nous n'avons aucun partenaire pour ce projet qui fonctionne depuis 6 ans sans subvention. C'est le choix de la compagnie de pouvoir proposer aux personnes qui le souhaitent, sur Internet et ailleurs, croisées en tous lieux de rejoindre cet atelier gratuit. Où et quand : L'atelier se déroule dans les locaux du Kaléïdoscope, association située 7, rue carolus Durand dans le 19éme, tous les mardis soirs de 19h à 21h sauf pendant les vacances scolaires.

Les participants : 22 participants, 13 femmes et 9 hommes, la plus jeune des participants est une adolescente de 16 ans. Sur les 22 participants, six personnes ont participé jusqu'au spectacle, quatre personnes ont participé régulièrement, mais pour des raisons professionnelles et de santé n'ont pu faire les dernières séances. Les 12 autres participants sont venus découvrir le théâtre forum sur quelques séances, certains n'ont pas pu continuer du fait de leur emploi du temps très chargé, et pour un autre, il ne se sentait pas prêt à y jouer devant des spectateurs. L'atelier : L'atelier du 19éme existe depuis 10 ans, cet atelier fonctionne avec des personnes anciennes depuis 5ans et de nouvelles personnes. L'année dernière, nous avons fait vivre le projet « Ma place, tu la veux ? », spectacle de théâtre-image sur les personnes handicapées. En septembre 2006, nous avons repris l'atelier de théâtre - forum de manière plus classique, ce qui a permis d'accueillir de nouvelles personnes Le projet « Ma place, tu la veux ? » se déroulait parallèlement. Cet atelier est une vraie source de richesses : notre groupe est constitué de personnes de différents milieux sociaux, d'anciens et de nouveaux, de différents âges, d'adultes ayant un handicap et d'adultes sans handicap, habitant Paris et la banlieue. En tant qu'animateurs, nous avons dû être dans une recherche permanente de propositions d'exercices, afin de permettre à chacun de trouver sa place dans le groupe. Ce groupe est bienveillant autant dans l'accueil que dans l'accompagnement des personnes nouvelles. Sur l'année, nous avons travaillé sur une vingtaine d'histoires en voici un aperçu Comité de quartier : Comment une jeune habitante peut arriver à prendre sa place et à être écouter lors que le conseil n'est composé que d'anciens défendant les mêmes positions pour leurs propres intérêts. Taxi : Comment faire comprendre à un chauffeur de taxi qu'une personne handicapée peut avoir une vie familiale avec un mari et des enfants. Cueillette de cerises : Comment des enfants de 10 ans peuvent se défendre devant des propriétaires en colère qui les accusent d'être rentrés chez eux sans permission alors que la maison est une ruine. La police sera appelée et les enfants seront embarqués. Au commissariat, ils seront insultés, provoqués et menacés. Peu de parents interviendront. Contrôleur sécurité sociale : Comment faire comprendre à un contrôleur de la sécurité sociale, pourquoi je souhaite renouveler mon fauteuil roulant usager par un fauteuil plus neuf.

Serveur en CDI : Comment réussir sa période d'essai d'un mois pour être en CDI, lorsqu'on a été pris que pour remplacer une personne. Discrimination à l'embauche : Comment obtenir les mêmes conditions qu'une personne européenne de même qualification pour se faire embaucher Discrimination au travail : Comment permettre à une personne d'origine africaine d'obtenir la clé des toilettes détenue par une guichetière et qui accepte de la donner qu'aux personnes de type européen. Discrimination : Comment peut-on choisir sa place dans un café lorsque l'on est « black » et que l'on vous demande de vous installer prés des toilettes alors qu'il y a pleins de places ailleurs en non fumeur

Agent de la BAC : Comment expliquer et éviter une arrestation par des agents de la BAC en civil lorsqu'ils sont persuadés que vous êtes des consommateurs de cannabis puis que vous connaissez les lieux de vente.

Chantage d'une mère : Comment faire lorsque ses parents divorcent et que l'on n'a pas d'autres choix que de vivre avec sa mère. Cette mère ne le fait pas par amour mais pour l'argent. Rupture amoureuse : Comment faire lorsque l'on est invité entre amis et que l'on est témoin d'une scène de rupture par téléphone où l'humiliation grandit au cours de l'échange Amis-cocaïne : Comment garder une relation avec des amis qui consomment de la cocaïne et qui sont très rapidement dans leur trip et qui vous y incitent à chaque soirée

Le groupe a choisi ses cinq scènes traitant de problématiques différentes (abus de pouvoir, chantage affectif, …).

Scènes sélectionnées pour le spectacle : La sœur malade : Comment expliquer à sa sœur (adulte) qui est presque guérie, qu'elle peut rester une soirée seule, afin que je puisse passer une soirée avec un ami que j'avais perdu de vue sans qu'elle me fasse un chantage affectif Contrôleur RATP : Comment faire quand on est piégé par un agent RATP en civil qui vous demande de passer en même temps que vous et que par la suite les contrôleurs vous arrête et vous verbalisent pour incitation à la fraude. L'auxiliaire de vie : Comment faire comprendre à une auxiliaire de vie que mon petit retard est dû à la circulation et non à un oubli de ma part et qu'elle accepte de m'emmener au toilette car il y a urgence. Connexion internet : Comment arriver à se faire comprendre sur notre problème de connexion auprès des services de dépannage, sans que cela nous coûte cher en téléphone et en dépannage. Vacances sur internet : Comment arriver à négocier le prix quand la maison présentée sur internet est plus petite dans la réalité et que l'on passe la moitié de ses vacances à attendre le plombier car dés que l'on tire la chasse d'eau, on a les pieds dans l'eau.

Les habitants souhaitaient présenter un spectacle, notre difficulté était de trouver un jour convenant à tous, et un lieu pour le jouer.

Le spectacle s'est déroulé au Cafézoïde 92 bis quai de la Loire dans le 19éme, le samedi 30 juin à 17h, devant une trentaine de personnes. Le bilan des habitants sur l'année :
-  C'était très important cette année, avec les séances en continuité. C'était une belle aventure humaine, c'est une chance d'avoir un lien comme ça, pour moi le bilan est très positif.
-  J'étais un peu perdu au début parce que je suis timide et je suis contente de faire un spectacle.
-  D'avoir peu joué en public, ne me dérange pas. L'importance était de pouvoir travailler sur nos histoires, qui sont très variées. Je regrette un peu qu'on n'est pas passé assez de temps sur certaines. Par ailleurs, je n'ai pas été très assidu sur l'atelier.
-  L'année dernière, nous nous sommes focalisés sur le spectacle « ma place, tu la veux » et cette année, nous n'avons fait qu'un spectacle, je le regrette un peu.

CR n° 13 L'atelier du Secours catholique

Partenaires : Cet atelier à été commandité par le Secours Catholique de Créteil, via Sandrine Lindron

Où et quand ? Cet atelier a eu lieu en 2 temps : un de novembre à Janvier sur une dizaine de séances puis Avril-Mai sur 4 séances aux locaux du secours catholique de Créteil . Il n'y a pas eu de rendez vous régulier, des fois le Samedi matin, d'autres fois le soir en semaine.

Participants :

Une douzaine de personnes ont participé aux ateliers sur la 1ère partie. Cependant nous étions rarement plus de 5 ou 6 par séances. Le groupe était mixte, réunissant professionnels, bénévoles et accueillis du Secours Catholique. Le mélange de situations très différentes a été très riche dans ce groupe qui a joui d'un grand respect.

Pour Avril et Mai il s'est produit la même chose avec d'autres personnes. La mixité du groupe réunissait des professionnels, des accueillis ,des bénévoles en situation précaires et des jeunes de la Jeunesse-Ouvrière-Chrétienne.

Le travail de l'atelier :

Le travail avec le premier groupe a été très positif. Les participants prenaient grand plaisir à jouer et en même temps ils faisaient preuve de beaucoup de sérieux pour réfléchir sur les problématiques qui les concernaient directement. Nous avons écrit et mis en scène 3 histoires : 2 sur le bénévolat au secours catholique et 1 sur le harcèlement moral au travail, dans le but de monter un spectacle pour une réunion importante de l'association début Janvier. Malheureusement, le manque de régularité, cumulé à des ennuis de santé de 2 « piliers » du groupe nous ont empêché d'aller jusqu'au bout du projet.

Le deuxième groupe a commencé avec des histoires personnelles très forte et le travail sur ces histoires a, je pense, remué les plus jeunes qui à la base ne pensaient pas se livrer autant mais plutôt faire du théâtre sur des grandes injustices sociales. Les participants n'étant pas nombreux, le groupe n'a pas résisté à la « fuite » des jeunes.

Bilan : D'une manière générale, je pense qu'avoir voulu former un groupe sans rendez vous régulier a été la plus grande difficulté de cet atelier. L'intérêt du travail au sein de ces groupes hétérogènes mais partageant le besoin de s'exprimer et de réfléchir sur de fortes problématiques notamment l'aide aux personnes en difficulté, nous poussent à réfléchir comment mettre en place de façon durable cet atelier. Peut être en le proposant à une équipe déjà existante, ou en touchant les gens sur une période plus concentrée ( un week end, une semaine,...). Affaire à suivre... FIN

CR n° 14
Atelier monoparentalité de Brunoy

Partenaires : Les deux commanditaires sont le centre Social Municipal de Brunoy et la CAF

Objectif principal : Permettre à des personnes en situation d'élever seules leurs enfants d'avoir un lieu de parole et d'échange.

Durée de l'atelier : Nous n'avons eu que 5 séances de travail ce qui d'habitude permet juste de constituer un groupe mais c'était l'accord que nous avions avec nos commanditaires.

Participants : 1/ des femmes en situation de monoparentalité : 7 femmes qui ne sont pas venues obligatoirement à chaque séance, car certaines travaillaient, ou d'autres avaient leurs petits enfants et qu'elles ne trouvaient pas tout le temps un système de garde, même si celui-ci avait été mis en place par la structure commanditaire. 2/ Un homme est venu une fois pour nous dire que cela l'intéressait mais qu'il n'était pas disponible, et que de toute façon il avait fait son travail de psychothérapie et qu'il n'avait plus de problème. 3/ Du service social : 2 professionnelles (femmes) qui ont été présentes à toutes les séances et très participantes. 4/ D'une association d'accueil et d'écoute des parents et adolescents : 2 femmes.

Les thèmes abordés pendant l'atelier : 1/ insulte entre collègues au travail. 2/ Discussion entre une mère et le père des enfants sur la question des enfants, le couple ne vivant pas ensemble. 3/ Une mère qui a du mal à gérer ses ados, car ils passent trop de temps sur internet, et elle se sent bien seule, vu que le papa est en déplacement toute la semaine. 4/ Jalousie entre ados 5/ une femme qui élève ses enfants seule, le père des enfants lui demande de pouvoir vivre avec eux, elle refuse car il ne gagne pas assez sa vie, et surtout parce qu'il est endetté de par son ex femme....... cependant ils s'aiment.

Bilan : Je pense : qu'avec ce groupe complètement irrégulier, nous avons pu mettre en place des espaces de parole, et constituer un groupe pour que la structure sociale d'accompagnement puisse poursuivre un travail avec ces personnes . FIN

CR n°15
Atelier jeunes en AEMO avec le CG du Doubs

Partenaires : Le projet est mis en place sur proposition de Béatrice Pillot, responsable au Conseil Général. Il est mis en œuvre grâce aux éducatrices du CG participantes. Le projet est financé par le Conseil général du Doubs.

Objectif principal : Amener les jeunes à parler de leurs problèmes dans leur famille afin de pouvoir mieux les aider sur ce plan

Où et quand ? L'action s'est déroulée en trois fois deux jours séparés d'environ un mois. L'action s'est déroulée les quatre premiers jours dans un centre d'accueil pour femmes victimes de violences conjugales (les Roseaux).Les deux derniers jours se sont déroulés dans un gîte à Nans Sous St Anne.

Participants : Ce projet s'adressait à des jeunes du Doubs issus de zones rurales. Les participants étaient quatorze dont cinq éducatrices dont une stagiaire et neuf jeunes dont trois garçons et six filles . Les jeunes sont âgés de 16 ans et plus et viennent de Besançon et de la région de Montbéliard. Ils sont tous suivis par des éducatrices et ont tous de grosses difficultés à l'école et dans la famille.

Une initiation des professionnelles en préalable à l'action : La première action a été de donner aux éducateurs volontaires une formation au théâtre-forum de 2 journées dirigées conjointement par Fabienne Brugel et Mamadou Sall pour qu'elles et ils découvrent ce que c'est le théâtre-forum et soient ainsi en mesure de mobiliser des jeunes.

Le travail de l'atelier :

Le premier jour, Je suis arrivé après le groupe et quand je suis rentré dans la salle, les jeunes étaient chacun dans un coin, capuche sur la tête ou « accrochés » à leur éducatrice. Les éducatrices et moi avons eu beaucoup de mal à les mettre en cercle pour démarrer le travail. Après présentation du théâtre-forum et un tour des prénoms du groupe, nous avons commencé des exercices : espace stop, aveugle au prénom. Il s'avère que la mise en place de ces exercices est difficile, les jeunes ayant du mal à sortir de leur positionnement de départ. Nous arrêtons donc les exercices et faisons une pause pendant la quelle je peux discuter avec les éducatrices. J'ai en effet le sentiment qu'il ne sera pas possible de les amener vite à livrer leurs histoires personnelles. Nous décidons donc qu'il ne faut en aucun cas les brusquer et que le reste de la matinée sera consacrée à la mise en place de nouveaux exercices visant à donner confiance dans le groupe et en soi. L'ambiance du groupe a timidement changé mais pas assez pour leur proposer de passer aux récits alors nous avons continué à proposer des jeux et exercices du théâtre-forum toute l'après midi.

Le deuxième jour : Après quelques jeux, je propose aux jeunes de raconter des moments où ils ont été reconnus. A partir de là, le groupe s'est constitué, les adultes ont eux aussi bien joué le jeu. A midi, les jeunes ont pris leur table à part et ont échangé leurs numéros de téléphone et se sont passé des textos. A la reprise je propose un travail sur un moment où ils se sont sentis différents. La consigne est difficile à comprendre pour les jeunes et je finis par leur dire de chercher un moment où ils se sont sentis « pas calculés » .Là, ils comprennent et rajoutent -(pas kiffer pas co…). Nous improvisons leurs récits et faisons forum. Après cela, ils ont compris et se sentent en confiance. Ils repèrent que les éducatrices ont joué le jeu comme eux et se sont impliquées fortement.

Le troisième jour : Après quelques exercices du théâtre de l'opprimé je propose un travail d'images sur différents thèmes, en précisant de faire des images positives et des images négatives. L'après midi nous avons fait un pilote-co-pilote pour récolter les histoires. Les histoires tournaient autour de la famille et de l'école. Nous en avons improvisé quelques unes et nous avons fait forum.

Le quatrième jour : On a commencé par des exercices du théâtre de l'opprimé et continué à improviser les histoires et à faire forum. Au bout d'un moment, une des jeunes du groupe a fait un stop pour dire qu'elle avait une histoire importante et urgente qu'elle voulait raconter. Nous avons écouté son histoire et fait forum dessus

A la suite de cela les journalistes du Doubs sont arrivés et voulaient assister à un moment de travail du groupe. Nous leur avons proposé de travailler sur une image qui a été construite par moi-même afin de préserver le secret sur les histoires du groupe.

Le cinquième jour : Nous avons commencé par des exercices d'échauffement, suivi d'un travail sur leurs rêves et leurs peurs (les rêves et les peurs des jeunes comme dans les histoires qu'ils ont racontées tournaient beaucoup autour de la famille et de l'école). Après ce travail nous avons beaucoup discuté.

Le sixième jour : Après quelques exercices d'échauffement du théâtre de l'opprimé, j'ai proposé un travail d'images sur « c'est quoi la famille idéale » et sur « c'est quoi la famille dont ils ne veulent pas ». Puis j'ai proposé la même chose sur la relation parents-enfants. Pour terminer, on a fait un bilan de clôture du projet en présence de Béatrice Pillot - la responsable du service - et son adjointe, venue nous rejoindre dans le gîte où nous étions pendant ces deux derniers jours.

Voici le bilan final des participantes et participants :

-  Anaïs : Moi, j'ai bien aimé car ça nous sert. Moi, j'ai trouvé la solution à mon problème (elle avait raconté une histoire ou elle reçoit un mail d'une copine renvoyée de l'école qui lui dit qu'elle va brûler. Elle le dit a l'école et la copine menace de la brûler avec l'école avec des copains) .Quand on a fait forum d'urgence les autres éducatrices ont même proposé d'aider son éducatrice référente.

Deborah : C'est très intéressant surtout quand on parle de nos problèmes, qu'on n'ose pas parler aux adultes ici on nous propose des solutions

-  Séphora : C'est bien, surtout les derniers jours avec la nuit c'est plus de rapport entre nous.

-  Ophélie : j'ai bien aimé

-  Catherine : J'ai bien aimé je suis dégoûtée d'avoir raté deux jours

-  Amélie : j'ai bien aimé surtout de trouver des solutions car ça permet de résoudre nos difficultés

-  Cédric : j'ai bien aimé

-  Méhdi : c'est super ces 6 jours, on a beaucoup appris, maintenant je peux prendre la parole partout et me défendre.
-  Myriam (éducatrice) : je suis très contente, il y a un groupe qui s'est constitué. Et surtout l'intégration de Cateline dans le groupe après son absence. On a réussi à avoir une bonne dynamique dans le jeu, un bon investissement de tout le monde. C'était riche autant pour les éducateurs que pour les jeunes.

-  Anne de Besançon (éducatrice) : il y a des choses qui ont bougé en vous, ce qu'on a vécu pendant ces 6 jours m'aidera sur mon travail et dans ma relation avec vous. C'est 3 fois 2 jours mais qui valent des mois.

-  Josette (éducatrice) : moi j'ai surtout aimé ces 2 derniers jours et de les vivre avec vous.

-  Anne de Montbéliard (éducatrice) : pendant ces jours j'ai apprécié le respect pendant les séances, et dans la vie en collectivité, ainsi que la confidentialité qui s'est faite sur les histoires du groupe. Ces 2 derniers jours ont accentué la cohésion du groupe et nous ont permis de vous découvrir.

-  Armelle (stagiaire éducatrice) : j'ai eu la chance de participer à ce travail, j'ai beaucoup aimé, je vous dit bravo et merci

FIN
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